Congo: Le bateau de la paix affrété par MEMISA est parti
Bruxelles/Kinshasa, 5 août 2001 (APIC) « Boboto », « la paix » en lingala, c’est le nom du bateau qui a quitté Kinshasa le 31 juillet, chargé de 636 tonnes d’aide humanitaire à transporter vers des populations du Congo jusqu’ici isolées par la guerre. Le mérite de cette initiative revient à l’organisation belge MEMISA, issue de la Coopération médicale missionnaire, qui a multiplié les contacts ces derniers mois pour permettre enfin à l’aide humanitaire de traverser les frontières.
Il a en effet fallu de longs mois de négociations, tant avec le président congolais Kabila qu’avec le responsable du Front de libération du Congo, Jean-Pierre Bemba, et avec des représentants de l’ONU. Les différentes parties ont enfin donné leur feu vert pour le lancement de cette initiative unique et surtout pour le bon déroulement des opérations humanitaires qu’elle implique.
Le travail de MEMISA a bénéficié notamment de l’appui du représentant spécial du gouvernement belge Reginald Moreeels ainsi que de l’ambassade de Belgique à Kinshasa.
Le bateau parti de Kinshasa est, depuis le début des hostilités entre les parties belligérantes, le premier moyen de transport civil à pouvoir acheminer du matériel humanitaire entre les lignes de front en passant par le fleuve Congo.
636 tonnes: c’est à peu près le volume de 130 camions! Rien que des biens de première nécessité à transporter vers la province congolaise de l’Equateur, isolée de tout depuis trois ans à cause de la guerre. La cargaison du « Boboto » comprend des moyens médicaux (médicaments, matériel médical, perfusions), des vélos, des vêtements, du matériel scolaire (depuis les cahiers jusqu’aux tableaux), du sel iodé pour lutté contre les affections de la thyroïde, du matériel agricole, du matériel pour l’entretien des routes, du carburant…
Le bateau va effectué en deux semaines un périple de 1’250 kilomètres en suivant le fleuve Congo, la rivière Oubangui et le Lua pour atteindre Mogalo, un petit port à une centaine de kilomètres de Gemena, au nord du pays.
Une embarcation beaucoup plus modeste accompagne le bateau de la paix. A bord de cette embarcation: quelques observateurs de la Mission de l’ONU au Congo (MONUC).
Maïs au retour
A son retour, le bateau rapportera à Kinshasa mille tonnes de maïs qui attendent depuis longtemps d’être acheminées vers la capitale, mais n’ont pu l’être à cause des obstacles mis jusqu’ici à la navigation sur le fleuve Congo. Cette récolte de maïs sera partagée entre les groupes les plus vulnérables de la capitale par le biais d’un réseau de centres nutritionnels, de paroisses et d’équipes médicales.
A Kinshasa, le manque de nourriture est évalué à un million de tonnes par an. Pour MEMISA, « ce projet n’est pas seulement une réponse à un urgent besoin humanitaire, tant du côté gouvernemental que du côté rebelle d’un Congo déchiré. C’est aussi une manière de relancer toute une activité économique ». Le projet, souligne l’organisation humanitaire belge, prend également en compte l’unité du peuple congolais et « espère concrétiser son souhait: que la réouverture des voies commerciales apporte une paix durable! ». (apic/cip/pr)
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