La balle est maintenant dans les pays de l’UE

Bruxelles: La Commission de l’Union européenne rejette le clonage humain

Bruxelles, 8 août 2001 (APIC) La commission pour le développement de la recherche de l’Union européenne (UE) demande de rejeter toute forme de clonage humain. Selon sa porte-parole, lors d’une déclaration adressée le 8 août à la presse, elle propose même de renoncer dès 2003 à toute forme de clonage animal et de clonage à des fins thérapeutique.

Pour la commission, seule la recherche sur les cellules souches d’adultes pourrait êêtre soutenue financièrement par l’UE. Selon sa porte-parole, il appartient maintenant aux différents pays de mettre en place les lois régissant le domaine du clonage. Jusqu’à présent, seule la Grande-Bretagne a interdit le clonage à des fins de reproduction, tout en autorisant celle à des fins thérapeutiques.

La commission de l’UE souligne qu’elle rejette le clonage humain pour des motifs éthiques, mais également en raison des incertitudes qui existent au niveau scientifique. Ainsi, il a fallu 300 embryons pour créer la brebis Dolly, laquelle semble par ailleurs vieillir plus rapidement que les autres moutons.

Cette prise de position de la commission pour le développement de la recherche de l’UE intervient au lendemain de la déclaration, à Washington, du professeur Severino Antinori, soutenu par le chef de secte de Raël, selon laquelle il veut cloner pour la première fois des embryons humains en novembre prochain. De cette façon, le premier bébé cloné pourrait être créé en 2002.

« Le clonage est une reprogramation »

Dans le journal français « Libération » du 8 août, Noëlle Lenoir, présidente du Groupe européen d’experts sur la bioéthique de l’Union européenne, a rappelé que le clonage n’est pas un mode de reproduction classique. « Ce n’est pas la rencontre de gamètes mâles avec des gamètes femelles. C’est la reprogrammation d’une cellule adulte obtenue par un moyen purement électrique, avec en plus un peu de biochimie. Pour obtenir, après transformation, un embryon », a-t-elle souligné.

Pour Noëlle Lenoir, « en dehors de questions philosophiques, il y a des questions de risques pour l’enfant. Aucun animal né par la méthode Dolly n’est, semble-t-il, en très bon état ». La présidente du Groupe européen d’experts sur la bioéthique affirme que ce qui touche à l’embryon ou à la reproduction n’est pas anodin: « On ne peut pas se retrancher derrière un simple débat de techniciens. Cela pose de sérieux problèmes éthiques ».

Elle souligne cependant que pour la première fois, on réfléchit à des pratiques avant qu’elles ne soient mises en œuvre. « C’est une démarche inédite dans l’histoire des sciences que de s’interroger ainsi très en amont sur les pratiques ». (apic/kna/lib/bb)

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