Lagos, 12 août (APIC) La Commission fédérale de Diffusion (NBC) a interdit aux dirigeants de Zamfara de créer une radio religieuse, destinée à vulgariser les idéaux et les valeurs islamiques. Elle les a également rendus attentifs au dépassement délibéré des temps d’antennes de certaines émissions islamiques diffusées dans des radios de l’Etat.
Les autorités de Zamfara avaient annoncé leur volonté d’installer, dans les prochains jours, une radio islamique pour un investissement global de 1,4 million de dollars. Elles ont déjà dépensé 80’500 dollars dans l’achat de l’équipement nécessaire au fonctionnement de la station Celle-ci portera le nom de « La voix de l’islam », selon le responsable de l’Information de l’Etat, Ibrahim Dan Galadima.
C’est un projet illégal, a estimé un porte-parole de la NBC, organe chargé de veiller sur l’attribution des fréquences radios et télévision et de leurs contenus dans le pays. La loi fédérale, a-t-elle rappelé, interdit au gouvernement d’un Etat de la fédération, à un groupe de personnes ou à un particulier, de créer une radio à vocation purement religieuse ou politique. Selon lui, des organisations chrétiennes ont plusieurs fois demandé des autorisations d’installation de radios ou télévisions à but religieux, mais ces demandes ont été rejetées.
L’Etat de Zamfara a été le premier à imposer, en janvier 2000, la loi islamique à ses populations. Depuis, il a été suivi par une dizaine d’autres provinces semis-autonomes situées au nord du Nigeria.
Réaction musulmane contre le président
Par ailleurs, le Conseil Suprême de la charia au Nigeria (CSCN) a appelé les musulmans du pays à ne pas soutenir la candidature du président Olusegun Obasanjo, à l’élection présidentielle de 2003 pour un nouveau mandat de 4 ans. Depuis son arrivée au pouvoir en mai 1999, il ne s’occupe que très peu du cas des musulmans et les oppresse, a déclaré le président de la commission, Ibrahim Dati Ahmed.
Le CSCN est la plus puissante organisation musulmane du Nigeria. Son président a accusé le chef de l’Etat d’avoir fait arrêter et emprisonner des personnes sans jugement. Parmi celles-ci, il a cité le cas d’un responsable islamique de l’Etat de Katsina (nord du pays), Yakoubou Moussa, détenu sans raison depuis juillet dernier. Selon Ibrahim Dati Ahmed, il est vraiment décourageant qu’après plus de deux ans de démocratie la population continue de souffrir de l’oppression. (apic/ibc/bb)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse