« La Moquette », lieu de rencontre pour les couche-tard
Paris, 12 août 2001 (APIC) Le soir est le moment idéal pour se détendre, repenser aux heures écoulées, trouver le temps de parler avec les amis. A Paris, un local très particulier répond à ce besoin. Il s’appelle « La Moquette », et il est géré par le Père Pedro Meca, un dominicain d’origine espagnole âgé de 66 ans. Le Centre est ouvert de neuf heures du soir à une heure du matin.
« La nuit – a expliqué le religieux dans une interview publiée dans le bulletin de la Conférence des Religieux Espagnols (CONFER) – est fondamentale pour édifier la personnalité de chacun. Les problématiques sont différentes et l’on établit des rapports meilleurs. Même la rencontre est plus personnelle: la nuit, on dit ce que l’on sent, ce que l’on désire. Les gens qui se trouvent dans la rue, mais d’autres personne aussi, n’ont pas en général un endroit où passer des moments tranquilles, entre ’amis’, où souffler et se détendre à la fin de la journée ».
Cet espace de rencontre, les gens du soir le trouveront à « La Moquette », une boîte où l’on s’assoie et se repose, fréquenté par des sans-logis et par des gens qui en ont un. Dans le local, rien n’est laissé au hasard. « Nous organisons des conférences, nous abordons des thèmes intéressants; nous avons un atelier de télévision et d’écriture. Il s’agit de développer les potentialités de chacun », souligne Pedro Meca.
« Je crois beaucoup aux relations et au contact – explique le religieux – qui sont les aspects auxquels on pense le moins au niveau social. Il ne s’agit pas seulement de donner et de recevoir, mais aussi d’organiser le rapport direct de personne à personne, dans l’échange réciproque, établissant un contact avec l’autre sur la base de ce qu’il est et non de ce qu’il possède ».
Démythifier la vie religieuse
Pour le Dominicain espagnol Pedro Meca, il y a derrière son local de rencontre une intuition précise: « il est important de démythifier la vie religieuse. Nous ne sommes pas meilleurs parce que nous avons choisi la vie consacrée; nous ne sommes pas non plus supérieurs parce que nous constituons un secteur à part. En tant que religieux, l’essentiel pour moi est le baptême. Le reste est un complément ».
Le père Meca travaille en France depuis 30 ans. Il a commencé au quartier latin, puis a travaillé comme opérateur social en faveur des secteurs les plus pauvres de la ville. « La vie religieuse – poursuit le Dominicain – est un style de vie, un moyen, et ce qui compte c’est la façon de la vivre et sa justification. En ce qui me concerne, j’agis selon les caractéristiques spécifiques: j’obéis, je suis chaste, je suis pauvre. La pauvreté donne une sécurité incroyable! ». Ce dernier aspect est très important pour le religieux, parce qu’il lui permet d’ »établir un autre genre de relations, en sa basant sur l’essentiel ».
Quant au fait de vivre hors du cadre normal d’un couvent, le père Meca reconnaît qu’il a « toujours eu des supérieurs très compréhensifs ». « Il ne faut pas perdre de vue qu’en France on cultive beaucoup la liberté personnelle, affirme-t-il, en sorte qu’à ce niveau nous sommes ’moins religieux’ pour ce qui est des choses à faire et des endroits à fréquenter ». (apic/vd/bb)
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