Uruguay : La Commission pour la Paix n’a tiré au clair que 21 cas de disparus

Pas de réponse pour les « disparus » en Uruguay

Montevideo, 13 août 2001 (APIC) Pour son premier anniversaire, la Commission pour la Paix, créée en août 2000 à Montevideo, a éclairci les cas de 21 personnes disparues sous la dictature militaire au pouvoir de 1973 à 1984 en Uruguay. Les recherches menées ont permis de localiser les restes de cinq personnes en Argentine et d’une en Bolivie. Les experts sont parvenus à trouver des traces de 15 autres personnes en Uruguay sans élucider complètement les circonstances de leur « disparition ».

L’actuel président de l’Uruguay, Jorge Batlle, a créé cette « Commission pour la Paix » afin de tenter de résoudre le drame des quelque 200 disparus uruguayens. Sa création avait suscité de grands espoirs chez les familles des « disparus ». Un an après, les résultats sont très maigres.

Carlos Ramela, le conseiller présidentiel, a expliqué que pour les 15 cas de disparitions élucidés en Uruguay, la Commission ne dispose pas de suffisamment d’informations. Cette Commission se heurte à la réalité d’une mémoire qui semble comme « anesthésiée », ce qui la rend incapable d’aller de l’avant.

La nouvelle des maigres résultats de la Commission divise à la population; certains ont apprécié qu’on connaisse enfin une part de la vérité, tandis que d’autres estiment que rien n’a encore été fait en Uruguay. L’avocat Carlos Ramela explique que la Commission a fait ce que personne n’avait fait jusqu’à maintenant. Et que ses membres travaillent très dur pour trouver des restes de disparus en Uruguay même, mais que ce n’est pas facile. « J’espère qu’on arrivera ».

Les enfants disparus

Concernant les enfants disparus, l’information dont dispose la Commission est quasi nulle. Selon Carlos Ramela, des informations précises sur le cas de Simon Riquelo enlevé à Buenos Aires quand il avait 20 jours existent bel et bien. Sa mère, Sara Mendez, est la seule mère uruguayenne à avoir survécu à sa détention et aux tortures dans le cadre de l’ »Opération Condor », une action coordonnée par les dictatures militaires du Cône Sud dans les années 70. Elle incluait les forces de sécurité du Chili, de l’Argentine et de l’Uruguay.

En Argentine, la Commission pour la Paix entreprend les démarches pour faire le test d’ADN à 2 jeunes gens, parmi lesquels pourrait se trouver Simon Riquelo. La Commission en Uruguay a reçu le témoignage de 24 jeunes qui se sont « autodénoncés ». Ces jeunes, adoptés pendant la période de dictature militaire, pourraient être de possibles enfants de personnes disparues en Argentine. Dans 14 de ces cas, l’information est considérée comme importante pour l’élucidation de futurs cas.

Exécutions sommaires ou excès de torture

« On écarte l’existence des exécutions sommaires, les disparus ont plutôt été torturés jusqu’à la mort », a déclaré l’avocat Carlos Ramela. Cette affirmation a suscité de vives polémiques dans les milieux politiques, car certains cas ne laissent pas le moindre doute sur le fait que des disparus ont été victimes d’exécutions extrajudiciaires.

D’ailleurs, selon certaines sources, le propre président de l’Uruguay saurait qui a assassiné Maria Claudia Iruretagoyena, belle-fille d’un grand poète argentin, Juan Gelman. Elle était âgée de 19 ans. Le président aurait dit: « je ne peux pas donner à un Argentin ce que je nie aux Uruguayens ».

La Commission n’ira pas plus loin

Le but de la Commission est de savoir où se trouvent les disparus, mais elle n’ira pas au-delà. Les noms des responsables resteront protégés sous la loi d’impunité votée lors du premier gouvernement démocratique.

Le juge argentin Rodolfo Canicoba avait demandé au Gouvernement uruguayen d’arrêter 4 militaires kidnappeurs qui ont agi sur sol argentin: Nino Gavazzo, Cordero, Silveira et Campos Hermida. Canicoba a déclaré à la presse uruguayenne que ces quatre militaires se trouvent dans un « limbe légal ». Le gouvernement uruguayen ne les arrêtera pas tant qu’il ne connaîtra pas les bases légales de la demande argentine. De son côté, la justice argentine ne peut pas demander l’extradition puisque l’Uruguay ne suit pas les procédures habituelles et n’arrête pas les inculpés. (apic/iac/be)

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