L’Eglise à la tête de la Commission

Encadré

Le Président Jorge Batlle a désigné l’archevêque de Montevideo, Mgr Nicolas Cotugno, comme président de la Commission. C’est la première fois qu’un gouvernement uruguayen – à la tradition laïque – donne à l’Eglise un rôle de protagoniste à ce niveau. La séparation de l’Etat et l’Eglise en Uruguay date de 1917.

« Paroles, attitudes, initiatives, silences doivent être en fonction de l’objectif de la Commission: arriver à la paix. On veut, à travers cette Commission, assumer les conséquences de ce qu’implique la loi d’impunité pour arriver à la paix à travers la justice. Il y a des ressentiments, il y a des disparus, il y a une accumulation d’horreurs qui restent encore très présents. Nous sommes, comme société, un corps blessé, et les blessures sont ouvertes. On ne veut pas jeter du vinaigre sur ces plaies, nous voulons être un baume. Il y aura toujours des cicatrices. Devant la torture, devant la mort on ne peut pas nier que cela soit une atrocité, que c’est un crime », insiste Mgr Cotugno.

Mais l’Eglise uruguayenne reste encore à moitié silencieuse quand on parle de « ses » anciens élèves responsables de ces atrocités, élèves des écoles catholiques les plus renommées de Montevideo. « On sait qu’il y a quelques-uns », admet Mgr Cotugno, sans en dire plus. Les militaires uruguayens ne parlent pas et constituent un des groupes les plus fermés en Amérique latine. « Il y a peu de bouches qui veulent parler et beaucoup d’oreilles qui veulent entendre. Certains militaires sont venus pleurer ici même, explique l’archevêque, mais ce n’est pas la généralité. Il faut travailler beaucoup pour que la justice vainque l’injustice. En voyant tout le travail qui reste à faire, on se sent si petit et beaucoup de fois si impuissant… » (apic/iac/be)

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