Les Talibans veulent juger les occidentaux selon le droit islamique

Afghanistan: Des diplomates occidentaux veulent voir les détenus accusés de prosélytisme

Kaboul, 14 août 2001 (APIC) Des diplomates occidentaux sont arrivés mardi à Kaboul pour porter assistance à 24 agents humanitaires arrêtés entre le 3 et le 5 août dernier par les Talibans dans la capitale afghane. Accusés de tenter convertir des musulmans au christianisme, « ils seront jugés conformément à la loi islamique », annonce le régime islamiste de Kaboul. Les ambassadeurs veulent avoir accès aux détenus.

Des diplomates d’Australie, d’Allemagne et des Etats-Unis en provenance du Pakistan à bord d’un vol spécial des Nations-Unies, sont arrivés à Kaboul. Ils veulent discuter du cas de huit détenus étrangers – deux hommes et six femmes – membres d’une ONG travaillant en Afghanistan. Ils sont accusés d’avoir tenté de convertir des musulmans au christianisme.

« Nous sommes venus ici pour voir les détenus et trouver une solution définitive à ce cas », a déclaré le diplomate allemand Helmut Landes. Les Talibans ont pour leur part souligné que les diplomates occidentaux ne doivent pas s’attendre à pouvoir rencontrer immédiatement les détenus étrangers. Les huit expatriés – deux Américains, deux Australiens et quatre Allemands – font partie de l’équipe de 24 membres de l’organisation caritative « Shelter Now International » (SNI), arrêtés il y a une dizaine de jours sous l’accusation de prosélytisme.

Complot international contre l’Afghanistan

Le mollah Mohammad Wali Akhund, ministre de la Police religieuse des Talibans – plus précisément intitulée « Promotion de la vertu et prévention du vice » -, a affirmé que le groupe n’obtiendrait pas le pardon. Ses membres seront traités selon la charia, la loi islamique. « Le pardon aurait été possible s’ils avaient été ignorants de nos dispositions légales, de nos lois et de nos décrets », a-t-il déclaré.

« C’est une grande victoire pour les musulmans du monde entier que ces faits aient été découverts », a encore lancé le mollah Wali Akhund. Il a précisé que les preuves accumulées contre les suspect attestent de leur culpabilité « sans contestation possible ». Dans les différents locaux de SNI à l’intérieur du pays, des Bibles rédigées en dari, principale langue pratiquée en Afghanistan, et des milliers de disques informatiques ont été saisis, indique la police.

Peine de mort pour les apostats et ceux qui les convertissent

Les Talibans mènent d’autre part une enquête sur « Shelter Now International » pour voir si cette ONG ne fait pas partie « d’une vaste conspiration visant à diffuser le christianisme en Afghanistan ». Un décret des Talibans prévoit la peine de mort pour tout Afghan qui apostasie sa foi islamique ainsi que pour toute personne qui incite à la conversion. Mohammad Wali a encore souligné que les institutions étrangères et les ONG étaient libres de venir en Afghanistan pour aider les plus démunis, mais qu’elles avaient l’interdiction formelle de mener des activités religieuses. Il les a mises en garde et précisé que dorénavant elles seraient soumises à une étroite surveillance.

Le refus du pardon aux étrangers contredit la nouvelle récemment annoncée par « Shariat », le journal des Talibans, selon laquelle les huit agents étrangers de « Shelter Now International » (SNI) étaient sur le point d’être expulsés. Quant aux détenus afghans, qui sont musulmans, le châtiment qui risque de leur être appliqué va certainement être extrêmement sévère, les Talibans ne tenant compte d’aucune pression étrangère , comme on a pu le voir dans le cas de la destruction des bouddhas géants de Bamyian. (apic/misna/bbc/be)

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