Violation manifeste du droit international par Israël

Genève: Le COE demande de traiter les causes profondes de la violence au Moyen-Orient

Genève, 14 août 2001 (APIC) Le secrétaire général du Conseil oecuménique des Eglises (COE), le pasteur Konrad Raiser, considère l’occupation des territoires palestiniens par Israël comme «une violation manifeste du droit international». Il l’a affirmé au terme d’un colloque oecuménique international sur le conflit israélo-palestinien organisé par le COE à Genève.

Ce colloque, dont les premières conclusions viennent d’être diffusées, a réuni plus de 40 participants du monde entier, entre autres des responsables des Eglises de Jérusalem et des membres d’associations israéliennes de défense des droits de l’hommre. Il s’est tenu les 6 et 7 août, soit avant les récents attentats-suicides palestiniens et les ripostes israéliennes.

Le pasteur Raiser, interviewé par l’agence œcuménique ENI, a fait remarquer qu’Israël était dans une situation d’»impunité dans laquelle les violations du droit international ne sont pas suivies de sanctions efficaces».

Un communiqué de presse publié par le COE à l’issue de la rencontre a évoqué «la nécessité urgente pour les Eglises «de passer de l’affirmation à l’action en solidarité avec le peuple palestinien». Le communiqué précise que le colloque visait à amener la communauté oecuménique à manifester un soutien plus large en faveur d’une «paix globale, fondée sur la justice et la sécurité pour les peuples palestinien et israélien».

Soutien à la résistance non-violente

Le rapport d’une délégation de sept personnes, qui s’est rendue dans la région à la fin juin, à l’initiative du COE, a été présenté aux membres du colloque. Ce rapport formule plusieurs propositions visant à «contribuer à l’élaboration d’une réponse œcuménique internationale au conflit israélo-palestinien». Il recommande aussi de condamner l’occupation militaire israélienne et d’affirmer la légitimité de la résistance palestinienne à l’injustice et à l’occupation étrangère. Le rapport demande de condamner la violence contre les civils et de soutenir la résistance non violente. Le rapport met enfin l’accent sur «l’application du droit international tel qu’il s’applique à l’occupation israélienne, du droit des Palestiniens à résister à cette occupation. Le COE soutient tous les efforts en vue d’un règlement négocié de la paix; d’aborder la question du droit des Palestiniens à l’autodétermination et à avoir un Etat souverain viable, à coté d’Israël.

Aucune partialité dans la position du COE

Parler de «la légitimité de la protestation et de la résistance palestiniennes a pour objectif d’attirer l’attention sur les causes profondes du conflit», a précisé le pasteur Raiser, et d’éviter de participer aux «efforts visant à dissimuler ces causes en mettant seulement l’accent sur la violence d’une partie ou de l’autre». Le secrétaire général du COE a rejeté l’idée que le COE puisse être taxé de partialité en défendant la cause palestinienne. «La position du COE a toujours été de ne pas s’attacher à la défense d’une position particulière mais de souligner l’importance fondamentale de normes reconnues de droit international et des droits de la personne», a-t-il précisé.

Par ailleurs, il a aussi été convenu que le COE devrait, avec les Eglises de Jérusalem et le Conseil des Eglises du Moyen-Orient, envisager une présence permanente ou un bureau à Jérusalem en vue de coordonner l’action oecuménique. Ceci, a déclaré Konrad Raiser, renforcerait l’action des Eglise locales, dont l’énergie se concentre surtout sur le règlement de «problèmes immédiats pour la petite communauté chrétienne». (apic/eni/mk/bb)

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