Trop de non-juifs parmi les immigrants d’ex-URSS

Israël: Les immigrants depuis 1990 doivent prouver leur judaïté avant de pouvoir se marier

Jérusalem, 14 août 2001 (APIC) Les immigrants juifs arrivés en Israël dès 1990 doivent désormais prouver leur judaïté avant de pouvoir se marier, révèle la presse israélienne. Dans une ordonnance du Grand Rabbinat d’Israël, tous les nouveaux immigrants qui ont fait leur «aliya» (montée en Israël) depuis 1990, doivent prouver qu’ils sont juifs devant une cour rabbinique spéciale s’ils veulent être mariés par le rabbinat. Bien qu’il s’en défende, le Grand Rabbinat vise en premier lieu les immigrants de l’ex-URSS, car une partie d’entre eux ne sont pas d’origine juive.

Michael Corinaldi, un avocat de Jérusalem, expert en matière d’identité juive, estime que la cour rabbinique est une nouvelle instance administrative dépourvue de base légale. «Ce sont de bons rabbins. Je n’ai rien contre eux, mais ils ne sont pas légaux». Il remarque également que les nouveaux immigrants, dont nombre d’entre eux ont à peine de quoi vivre, doivent encore payer une certaine somme pour l’ouverture de leur dossier.

Selon les dispositions du Grand Rabbinat, dans tous les cas, si un couple qui vient se faire enregistrer pour un mariage comprend un nouvel immigrant (arrivé après 1990), le greffier doit diriger le nouvel immigrant vers la commission la plus proche pour éclaircir sa judaïté. L’original du certificat de naissance est exigé, ainsi que celui de la mère (on ne peut être juif que par la mère) et des autres parents du côté maternel, avec le certificat de mariage des parents, des photographies de la famille et «tout document certifiant la judaïté». Le règlement considère important de venir se faire enregistrer avec ses parents, «spécialement avec sa mère».

Un «scandale», pour le Mouvement juif conservateur d’Israël

En réponse à ces nouvelles prescriptions du Grand Rabbinat, le rabbi Ehud Bandel, président du Mouvement juif conservateur d’Israël (mal vu par le courant orthodoxe) qualifie les exigences du Grand Rabbinat non seulement d’illégales, mais encore de contraire à l’esprit du judaïsme et de la «halacha», la loi juive. Le rabbin Bandel estime «scandaleux» que l’on salisse ainsi plus d’un million d’immigrants venus en Israël durant la dernière décennie. «Malheureusement, déplore le rabbin Bandel, le Grand Rabbinat part de la supposition que tout immigrant de l’ex-Union soviétique est un non-juif qui ment, jusqu’à qu’il prouve le contraire!»

A l’époque de l’URSS, ceux qui désiraient immigrer devaient habituellement signer un formulaire déclarant qu’ils n’étaient pas juifs. Même si les agents consulaires israéliens déclaraient que le fait d’avoir signé une déclaration établissant que leur relation avec le judaïsme concernait uniquement le côté paternel ne leur ferait pas de problème en Israël, les nouveaux immigrants arrivés en Israël ont fait une toute autre expérience.

Avoir signé le formulaire soviétique signifie que sur leur carte d’identité – qui distingue les citoyens israéliens selon qu’ils sont juifs ou d’une autre «nationalité» – la désignation de la «nationalité» est laissée en blanc. De nombreux nouveaux immigrants de l’ancienne Union soviétique sont ainsi enregistrés bizarrement sous la catégorie «sans nationalité» ou «Ukrainiens». Dans le système israélien, l’appartenance d’un citoyen à l’une ou l’autre «nationalité» a des conséquences très importantes pour la vie de tous les jours. Depuis l’arrivée au pouvoir d’Ariel Sharon, les discussions sur la nécessité d’abroger la mention de la «nationalité» sur la carte d’identité, source de discriminations pour les non-juifs en Israël, ne sont plus à l’ordre du jour. (apic/haar/be)

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