Ils réclament réparation des torts faits à leurs ancêtres

Ile-Maurice: Des descendants d’anciens esclaves africains créent un groupe de pression

Port-Louis, 19 août (APIC) Des Mauriciens, descendants d’anciens esclaves africains, ont mis en place un groupe de pression destiné à lutter pour obtenir une réparation des torts faits à leurs ancêtres. Ce collectif, dénommé Mouvement Réparation (MR), est dirigé par un prêtre «militant créole», l’abbé Philippe Franchette, qui fait partie de ses membres fondateurs.

Le collectif a été créé dans la perspective de la Conférence mondiale de l’ONU contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l’intolérance qui y est associée (CMCR), qui se tiendra du 31 août au 7 septembre prochain au Centre international des conventions à Durban, n Afrique du Sud.

L’Ile Maurice compte une population de 1,1 million d’habitants dont environ 366’000 ont des origines africaines. Leurs arrières grands-parents ont été achetés par de exploitants agricoles de l’époque, lors de la traite négrière. «Nous voulons que les descendants d’esclaves obtiennent une réparation du préjudice qu’ils ont subi du fait de l’esclavage», a déclaré le Père Franchette.

Selon les estimations officielles, les populations mauriciennes d’origine africaine sont les plus pauvres du pays. Leurs ancêtres étaient achetés pour travailler, sans ménagement, dans les plantations de canne à sucre de leurs maîtres. Malgré l’évolution de la société mauricienne, ces descendants sont toujours victimes de racisme, estiment les défenseurs des créoles.

Un crime contre l’humanité qui doit être réparé

Dans la Constitution mauricienne, il est écrit que le pays est composé de trois communautés raciales différentes: les hindous originaires d’Asie, les musulmans (dont les anciens sont venus des pays arabes) et la populations générale. Cette dernière comprend les populations d’origine européenne, chinoise, africaine, métisse et créole. «L’esclavage a été considéré comme un crime contre l’humanité. La loi internationale prévoit une réparation de tout ce qui est crime contre l’humanité», souligne le Père Franchette.

Le MR est activement soutenu par «La Lutte», un parti politique d’extrême-gauche mauricien. Celui-ci a invité le gouvernement à tout mettre en œuvre pour que cette question soit abordée par la conférence de Durban, mais les Etats-Unis se sont d’ores et déjà prononcés contre une telle demande de réparation. A cet effet, ses dirigeants ont chargé le ministre des Affaires étrangères, Anil Gayan de s’assurer que ce point a été bien inscrit à l’ordre du jour. Le chef de la diplomatie mauricienne qui dirigera la délégation gouvernementale de son pays, s’est déclaré favorable à la mise en place d’un fonds international de compensation de en faveur des victimes de l’esclavage. (apic/ibc/be)

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