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Ouverture du XVème meeting de la communauté Sant’Egidio
Barcelone, 3 septembre 2001 (APIC) Les religions sont un instrument décisif pour faire cesser la haine, prévenir les conflits et aider à les résoudre, déclarent les organisateurs de la XVème rencontre interreligieuse «Hommes et Religions», qui a ouvert ses travaux lundi à Barcelone.
Des responsables de toutes les religions du monde participant à ce meeting ont lancé dimanche un vibrant appel pour la paix au Moyen-Orient. Ils ont dénoncé la recrudescence de la violence ainsi que de toute forme de guerres de religion.
La rencontre, à l’ouverture de laquelle quelque 3’000 personnes ont assisté dimanche, est mise sur pied par la communauté Sant’Egidio à Barcelone du 2 au 4 septembre. Le but de ce meeting, qui a cette année pour thème «Les frontières du dialogue: religions et civilisations dans le nouveau siècle», est d’encourager les contacts entre les représentants de toutes les religions du monde ainsi que les dirigeants politiques, et ainsi promouvoir la paix.
Par cette initiative, la Communauté de Sant’Egidio a voulu donner une continuité à la grande rencontre interreligieuse organisée en 1986 à Assise à la demande de Jean Paul II. Parmi les personnalités présentes, on notait la présence du président du gouvernement autonome de Catalogne, Jordi Pujol, du président de Côte d’Ivoire, Laurent Gbagbo, et de nombreuses autres personnalités comme le cardinal allemand Walter Kasper, président du Conseil pontifical pour l’unité des chrétiens, l’évêque orthodoxe Innokentij, du Patriarcat de Moscou, le préfet de la Congrégation vaticane pour les Eglises orientales, Ignace Moussa Ier Daoud, l’abbé du Monastère de Montserrat, Josep Maria Soler.
Andrea Riccardi, fondateur de la Communauté de Sant’Egidio, est également de la partie. Sa communauté est un mouvement catholique né en 1968 à Rome, et qui compte actuellement environ 30’000 membres dans 45 pays. Il est engagé depuis de nombreuses années dans une action de médiation pour la paix sur divers continents.
12 intervenants ont participé à la session inaugurale présidée par le cardinal Roger Etchegaray, dont le grand rabbin d’Israël, Israël Meir Lau, avec une intervention fortement applaudie. «Je nourris l’espérance que toute sorte de guerre puisse s’arrêter immédiatement. Il est temps d’arrêter les hostilités, d’empêcher toute guerre, surtout celles qui utilisent le nom
de Dieu, c’est un double crime! Il est temps de se parler, de se tendre la main les uns les autres pour plus d’amitié, plus de compréhension, plus de fraternité», a-t-il lancé.
La paix dans le monde passe par la paix entre les religions
Mohammed Amine Smaili, un théologien musulman, enseignant à l’université de Rabat, au Maroc a renchéri: «La paix dans le monde passe par la paix entre les religions. Nous avons d’autres guerres à mener comme celles contre le mal, la maladie, les peines injustes, la pauvreté, l’ignorance. La religion ne devrait plus servir de parapluie pour les guerres ni être utilisée pour des destructions. Son devoir est d’abord d’établir la paix pour l’être humain». Après son discours, spontanément, le musulman est allé donner un geste de paix au rabbin Lau, sous les applaudissements intenses de l’assemblée.
Ce thème a été repris également par le fondateur de la communauté Sant’Egidio, Andrea Riccardi: «Les trois religions monothéistes n’ont-elles pas leur mot à dire, outre ce que font et disent les hommes politiques qui poursuivent à leur manière les intérêts nationaux ? C’est une question qui nous inquiète mais qui demande également une nouvelle audace, non pas irresponsable ni irréaliste, mais dans le sens de l’espérance».
Pour le cardinal Roger Etchegaray, président de la session, cette rencontre interreligieuse a pour objectif de «témoigner que les religions et les civilisations, à l’aube de ce nouveau millénaire, peuvent guider ensemble, mais sans se confondre, le destin de l’humanité et puiser de nouvelles énergies au service de la justice et de la paix dans le monde».
Signature d’un appel pour la paix des responsables religieux
Dans la matinée, les quelques 3 000 participants à cette rencontre s’étaient mêlés aux paroissiens pour la messe dans la basilique gothique de Santa Maria del Mar, retransmise à la télévision nationale espagnole. Les chants catalans ont résonné dans une église très colorée par les vêtements des bouddhistes, des musulmans et des orthodoxes. Quelques sept cardinaux, une quinzaine d’évêques et une quarantaine de prêtres ont concélébré la messe à laquelle ont aussi participé les autoritéés civiles de Barcelone. Deux homélies ont par ailleurs été prononcées, une par le cardinal de Barcelone, Ricardo Maria Carles Gordo, et une autre par le primat orthodoxe d’Albanie, Anastase de Tirana. L’archevêque de Barcelone a demandé «de ne pas chercher l’émulation et la supériorité, mais d’être la voix des pauvres, des marginaux et des personnes abandonnées. Les pauvres en biens matériels et spirituels».
Les travaux se poursuivent mardi par des tables rondes avant la grande prière conclusive pour la paix de mardi après-midi et la procession vers la cathédrale. Lors de cette cérémonie finale, un message du pape sera lu avant la proclamation et la signature d’un Appel pour la paix. Plus de 300 journalistes ont été accrédités pour suivre cette rencontre. (apic/zenit/imedia/be)
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