Rome: Intervention du Saint-Siège à la Conférence mondiale de l’ONU sur la racisme
Durban, 4 septembre 2001 (APIC) Le représentant du Saint-Siège à la conférence mondiale de l’ONU contre le racisme, Mgr Diarmuid Martin a demandé « une conversion individuelle et collective des coeurs et des attitudes. Le prélat, qui se dit triste de la manière dont se déroule la Conférence, après le départ des Etats-Unis et d’Israël, demande l’instauration de « bases éthiques d’une nouvelle communauté mondiale ».
Les délégations américaines et israéliennes ont quitté lundi la conférence qui se tient jusqu’au 7 septembre 2001 en Afrique du Sud, accusant les participants et plus particulièrement l’ONU d’être favorables à la pensée palestinienne selon laquelle le sionisme serait une forme de racisme. Les participants ont tenté de reformuler le document final, dans la nuit de lundi à mardi pour faire revenir les deux parties. Les responsables estiment en effet qu’en l’absence des Etats-Unis – qui avaient boycotté, ainsi qu’Israël, les deux premières conférences contre le racisme en 1978 et 1983 pour les mêmes raisons -, tout programme d’action adopté devrait peser moins lourd.
« L’élimination des racines de la haine et du racisme demande une conversion individuelle et collective des coeurs et des attitudes », a déclaré Mgr Martin, chef de la délégation vaticane à Durban. Interrogé par le quotidien de la Conférence épiscopale italienne l’ »Avvenire », le prélat a affirmé être « triste » de la manière dont se déroule la rencontre mondiale. « J’espère que l’on pourra quand même sauver l’honneur de cette conférence », a-t-il déclaré.
Pour Mgr Diarmuid Martin, l’instauration de nouvelles bases éthiques au niveau mondial doit partir d’une éducation solide dans la famille. « La famille est la première école où les racines du comportement raciste doivent être fermement rejetées », a ajouté l’observateur du Saint-Siège aux Nations-Unies.
Les immigrés clandestins « victimes des abus les plus terribles »
Revenant ensuite sur les propositions faites par sa délégation lors de la conférence mondiale de Durban, Mgr Martin a souligné que « les immigrés sont parmi les victimes prioritaires du racisme dans le monde actuel ». Il a particulièrement mis l’accent sur les immigrés clandestins, « victimes des abus les plus terribles ». Le prélat a toutefois précisé la volonté du Saint-Siège d’aider « les personnes et leur familles immigrées qui ont des droits indéniables, et non les politiques sur l’immigration qui sont une autre chose ».
Le représentant du Saint-Siège a conclu en regrettant que le thème de la discrimination religieuse n’ait pas encore été abordé. « Nous avons quand même réussi à faire insérer un article qui souligne l’importance du dialogue religieux comme facteur d’éducation contre le racisme », a-t-il déclaré. Il a en outre déploré que certaines délégations, comme l’Union européenne, « soient allergiques à la question religieuse, préférant mettre sous accusation les religions comme facteur d’intolérance, chose inacceptable ».
Le document du Saint-Siège, intitulé « L’Eglise face au racisme » et présenté à Durban, insistait déjà sur le problème des castes. « En Afrique et en Asie, il y a des sociétés dans lesquelles on trouve encore une division rigide de castes et une stratification sociale qui sont difficiles à dépasser », est-il écrit. « Ce n’est pas une exagération de dire qu’à l’intérieur de quelques pays et de groupes ethniques existent des formes de racisme social », ajoute le document. (apic/imed/bb)
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