Rome: Jean Paul II dénonce le nationalisme agressif et la discrimination religieuse en Irlande

Rome, 7 septembre 2001 (APIC) Le pape Jean Paul II a dénoncé toute discrimination ou harcèlement envers un peuple pour des raisons raciales ou religieuses, le 7 septembre 2001 en recevant à Castelgandolfo le nouvel ambassadeur d’Irlande près le Saint-Siège, Bernard Davenport. Alors que la situation en Irlande du Nord se détériore à nouveau entre catholiques et protestants, le pape a mis en garde les responsables politiques du pays contre la fragilité du traité de paix signé en 1998.

Des scènes de violence se succèdent en Irlande du Nord depuis une semaine. Alors que la rentrée des classes vient de s’effectuer, les élèves d’une école catholique de filles, située dans une enclave protestante de Belfast, sont devenues les cibles de projectiles des habitants du quartier. Une bombe lancée pour tuer a fait des blessés.

« L’Eglise réprouve comme contraire à la volonté de Dieu toute discrimination ou harcèlement envers un peuple pour sa race, sa couleur, ses conditions de vie ou sa religion », a déclaré Jean Paul II dans son discours.

Le pape a en particulier déploré « les difficultés actuelles en Irlande qui nous rappellent que la paix est une réalité fragile ». Des accords de paix ont pourtant été signés le 10 avril 1998, engageant un processus de réconciliation encore difficile. Jean Paul II a appelé les responsables politiques du pays à « l’application de mesures nécessaires pour une obtenir une société juste et harmonieuse ».

Parmi ces mesures, le pape a demandé que soient prise en compte « l’inquiétante résurgence de formes agressives de nationalisme et de racisme, qui sont une menace sérieuse » pour les hommes et la société.

Faisant enfin allusion à son voyage en Irlande en 1979, Jean Paul II a conclu son discours en renouvelant son appel, fait à cette occasion – et considérer comme l’un des plus forts de son pontificat contre le terrorisme -, « à ceux qui sont impliqués dans les violences en Irlande du Nord ». « Je leur avait demandé de renoncer à l’utilisation des armes et de désirer le dialogue et la paix », a-t-il déclaré.

Encore beaucoup à faire

Dans son discours, l’ambassadeur d’Irlande près le Saint-Siège a pour sa part souligné « le travail qu’il reste à faire » depuis la signature de l’accord de paix, même s’il reconnaît que « de nombreux changements positifs dans les domaines politique, économique et social ont été constatés ces dernières années ».

Bernard Davenport, âgé de 62 ans et précédemment ambassadeur d’Irlande en Suisse, a conclu en affirmant la volonté de l’Eglise d’Irlande de continuer à collaborer avec le Saint-Siège dans les domaines caritatifs et politiques. (apic/imed/pr)

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