Les reproches du cardinal Kasper rejetés
Rome, 7 septembre 2001 (APIC) Les membres juifs de la commission mixte d’historiens chargés de passer en revue les «Actes et documents du Saint-Siège relatifs à la Deuxième Guerre mondiale» – se disent «choqués» par les récentes déclarations du cardinal Walter Kasper, président de la Commission vaticane pour les rapports religieux avec le judaïsme. Le cardinal Kasper les avait rendus en partie responsables de la suspension du groupe d’étude catholique et juif.
Dans une lettre ouverte publiée cette semaine, Michael Marrus (Toronto), Bernard Suchecky (Bruxelles) et Robert Wistrich (Jérusalem) réclament une nouvelle fois que le Vatican ouvre ses archives concernant la Deuxième Guerre mondiale. Cette demande a provoqué la suspension des travaux de la commission le 24 juillet dernier. Les historiens juifs faisaient partie de l’équipe de six experts – trois juifs et trois catholiques – chargés de passer en revue les 12 volumes des «Actes et documents du Saint-Siège» pour la période de la guerre, publiés de 1965 à 1981 à la demande du pape Paul VI. Ces documents sont sensés représenter l’intégralité des archives du Vatican sur le sujet. Une «étude préliminaire» a permis de relever les questions qui méritaient davantage d’éclaircissement.
Le cardinal Kasper déplorait le 24 août «les fuites et les écrits polémiques» de la part de membres juifs de la commission «rendant presque impossible de continuer une recherche conjointe». Pour le cardinal allemand, une telle recherche historique ne peut réussir que dans une atmosphère de confiance et de respect mutuel.
Des relents d’antisémitisme
Les trois historiens juifs parlent d’»attaques radicales» de la part du Vatican contre leur intégrité en tant que de scientifiques. La presse israélienne a fait écho à l’indignation des membres juifs de la commission. Le Père jésuite Peter Gumpel, historien spécialiste de cette période, a parlé d’une campagne diffamatoire contre le Vatican. La personne du pape Pie XII, qui n’aurait pas fait tout ce qu’il aurait pu pour sauver les juifs, selon ses déétracteurs, est au centre de la polémique. Dans leur lettre, les experts juifs qualifient les propos du Père Gumpel de haineux et blessants. Ils critiquent également le cardinal Kasper pour s’être joint aux critiques du jésuite allemand.
De son côté, le Conseil international des chrétiens et juifs (ICCJ) s’est adressée elle aussi au cardinal Kasper, en demandant que la controverse actuelle ne compromette pas le renouveau des relations judéo-chrétiennes. L’ICCJ a déploré les propos du Père Gumpel, et se déclare inquiète des accusations de l’historien, qui font penser à un certain arrière-goût d’antisémitisme classique. Selon le Conseil, ce ton ne reflète en aucun cas le langage de l’Eglise catholique d’après le Concile Vatican II. (apic/cns/kna/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse