Lucerne: La crise de l’Action de Carême est «nettement surmontée», déclare Antonio Hautle

« Climat de dialogue réjouissant  » avec les évêques suisses

Lucerne, 13 septembre 2001 (APIC) La crise qui a secoué ces deux dernières années l’Action de Carême est « nettement surmontée », déclare son nouveau directeur Antonio Hautle. En place depuis le 1er mars dernier, A. Hautle a remplacé la directrice Anne-Marie Holenstein.

Cette dernière a démissionné l’an dernier, avec d’autres cadres de la centrale de Lucerne, pour des divergences avec le Conseil de fondation de l’œuvre d’entraide catholique, portant notamment sur le concept de la « mission » et ses rapports avec le travail de développement.

Lors d’un point de presse au siège de Lucerne, A. Hautle, en poste depuis six mois, a constaté que les réformes de structures lancées il y a un an sont en bonne voie et que les relations avec les évêques suisses se déroulent dans un « climat de dialogue réjouissant ».

En juin prochain, le Conseil de fondation de l’Action de Carême (AdC) mettra en œuvre les nouveaux statuts qui devraient permettre un travail « plus efficace », a estimé mercredi Antonio Hautle. PME au chiffre d’affaires approchant les 30 millions de francs, l’AdC ne peut plus être dirigée par un Conseil de fondation de 16 membres – tous les évêques et autant de laïcs – qui ne se réunit que deux fois par an. Instance suprême, le Conseil de fondation est ainsi dans l’impossibilité d’en connaître tous les rouages et les détails.

Un Conseil de fondation de 7 membres, plus efficace

A l’avenir, le nouveau Conseil de fondation ne devrait plus compter que 7 membres. La Conférence des évêques suisses n’y aura plus qu’un représentant. Une répartition claire des responsabilités entre les diverses instances est prévue. « Ainsi à l’avenir, il ne sera plus possible qu’un évêque, par ex., puisse intervenir directement dans le domaine opérationnel de l’AdC », précise Antonio Hautle.

Cette réforme de structures est nécessaire car les diverses instances de l’AdC sont beaucoup trop lourdes à manier et peu opérationnelles: Conseil de fondation, Commission d’administration, Conseil d’action, Commission théologique, Commission mixte d’experts du secteur suisse, Commissions d’experts du secteur Mission et du secteur Coopération au développement voient souvent leurs compétences se chevaucher.

Le Conseil d’action de l’AdC devrait jouer un plus grand rôle dans le futur. En tant que « forum de la fondation », il sera appelé à représenter le mieux possible les divers milieux de l’Eglise suisse, à participer à l’évaluation des actions de l’AdC et à fournir des impulsions créatives aussi bien à la direction qu’au Conseil de fondation. Pour désenchevêtrer les divers niveaux de responsabilités, l’actuelle Commission d’administration – qui a également des compétences de direction – sera transformée en une commission de gestion plus technique. Le nouvel édifice, qui doit être prêt au début de l’été, est élaboré grâce à une large procédure de consultation et au recours à des experts.

Avec sa nouvelle direction, complètement renouvelée depuis le 1er janvier 2001, l’AdC reste fidèle à ce qui fait son originalité au sein du catholicisme suisse: à partir d’une position chrétienne claire et d’une théologie libératrice, combattre toute forme d’exploitation et d’injustice. Si tous les problèmes ne sont pas résolus, admet Antonio Hautle, la crise s’estompe. Ainsi le dialogue avec les évêques a lieu dans un climat d’échange mutuel, même si on n’est pas toujours d’accord.

Renforcer le dialogue avec les paroisses

Le nouveau directeur a également remarqué que l’un des grands défis de l’œuvre d’entraide est d’atteindre le public en dehors des pratiquants qui fréquentent la messe dominicale, le nombre de ces derniers étant en fort recul. A. Hautle souhaite renforcer le dialogue avec les paroisses, qui sont finalement les lieux qui portent concrètement les actions de l’AdC. Il y a encore dans ce domaine un grand travail d’explication à faire, car il reste des paroisses qui destinent l’argent récolté durant la campagne de carême – sous le sceau de l’AdC et avec son matériel d’information – à d’autres organisations ou personnes.

Pas de fusion en vue avec « Pain pour le Prochain »

L’éventualité d’une fusion de l’AdC avec l’œuvre d’entraide protestante « Pain pour le Prochain » – partenaire de la campagne oecuménique de carême – n’est pas à l’ordre du jour, souligne Antonio Hautle. Les deux organisations ont en effet des structures totalement différentes, « Pain pour le Prochain » se concentrant sur le « fundraising » et le travail de « lobbying », tandis que l’AdC, exemple unique en son genre en Europe, soutient et gère des projets tant dans le secteur pastoral que dans le domaine du développement. (apic/job/be)

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