« Ne pas céder à la tentation de la violence et de la haine »
Rome, 18 septembre 2001 (APIC) Plusieurs voix se sont élevées au Vatican pour modérer l’ultimatum lancé aux Talibans par le président américain, Georges W. Bush. Celui-ci demande aux Talibans d’Afghanistan de lui remettre le leader islamique Ben Laden, « mort ou vif », avant le 19 septembre. Dans leurs éditions du 18 septembre 2001, « L’Osservatore Romano » et l’ »Avvenire » parlent de guerre « facile » et de « tentations » de vengeance.
« L’exhortation de Jean Paul II est exigeante, mais elle indique la vraie voie qui peut conduire la communauté internationale à la souveraineté du droit », écrit « L’Osservatore Romano » dans son éditorial. Le quotidien du Vatican fait allusion à l’appel du pape de dimanche dernier, demandant de « ne pas céder à la tentation de la violence et de la haine, mais de s’engager au service de la justice et de la paix ». Jean Paul II est intervenu à plusieurs reprises pour dénoncer les attentats et appeler à la paix, depuis les attentats du 11 septembre.
Pour « L’Osservatore Romano », « parler de guerre pourrait paraître facile, mais ce même mot inspire angoisse et peur ». « On pensait qu’il avait disparu des dictionnaires », ajoute le quotidien, déplorant que des « esprits diaboliques, avec leur cruauté, ont remis en marche un mécanisme qui semblait dépassé pour toujours ».
« Eviter un conflit entre les civilisations »
Réagissant également à une éventuelle réaction des Etats-Unis, le cardinal Roberto Tucci, ancien accompagnateur du pape dans ses voyages à l’étranger, a pour sa part qualifié d’ »essentielle », une intervention pour « chercher à supprimer les repaires de haine contre l’Amérique et contre le monde occidental ». Cependant, a-t-il ajouté dans ses propos repris par le quotidien de la Conférence épiscopale italienne, l’ »Avvenire », il faut éviter « un conflit entre les civilisations ».
Pour le cardinal, le danger d’une intervention militaire américaine est de « ne pas proposer des objectifs bien déterminés, mais d’être tenté de toucher une population entière à cause de la présence d’intégristes islamiques ». Rappelant les appels à la paix du pape, l’organisateur des voyages de Jean Paul II a enfin affirmé que c’est une bonne chose que le prochain voyage du souverain pontife en Arménie et au Kazakhstan se fasse malgré tout. (apic/imed/mk)
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