Agmentation du nombre des croyants en Europe occidentale
Vienne, le 19 septembre 2001 (APIC) Selon l’étude effectuée par un professeur de Vienne, dans plusieurs grandes villes d’Europe, à l’exception de Paris, l’on assiste aujourd’hui à un renouveau spirituel, contrairement aux prédictions de ceux qui annonçaient un déclin religieux. Selon le professeur Paul Zulehner, prêtre catholique, par comparaison à 1990, un nombre plus élevé d’habitants de grandes villes européennes indiquent qu’ils sont croyants et qu’ils croient en Dieu.
A Bruxelles, par exemple, entre 1990 et 1999, le pourcentage d’entre eux est passé de 48 à 59%; à Lisbonne, de 51 à 82%; et à Vienne, même si l’augmentation est plus modeste, de 62 à 64%. « L’on pensait que la religion allait diminuer au fur et à mesure que la société se modernisait – mais ce n’est pas vrai, du moins pas encore », souligne le professeur Paul Zulehner, qui a examiné les données fournies par l’Etude sur les valeurs européennes (European Values Study) en 1990 et en 1999 pour comparer les tendances religieuses dans des villes fortes de plus d’un million d’habitants.
Le pourcentage de citadins déclarant croire en Dieu a augmenté encore plus, avec un nombre plus important de fidèles assistant aux services du dimanche – passant de 17 à presque 29% – dans la seule ville de Bruxelles.
La seule exception est la ville de Paris, dont la religiosité est tombée de 55 à 48%, baisse qui s’accompagne d’une baisse de la fréquentation des églises, de 11 à 9 %.
Le professeur Zulehner a expliqué à l’agence œcuménique ENI qu’un processus de « re-spiritualisation » a été observé dans la plupart des zones urbaines, assorti d’une « reprise stable » de la vie paroissiale des églises. « Une partie de la population est en quête de profondeur pour réagir contre la banalité d’une vie de citadin normal », a fait observer le professeur qui enseigne la sociologie et la théologie pastorale à l’Université de Vienne.
La France, une exception?
Mais durant la même période, la religiosité a décliné à l’échelon national dans la plupart des pays d’Europe occidentale, marquée par une forte baisse dans les zones rurales, en particulier. Ce déclin reflète les « déficiences culturelles », fait observer le professeur Zulehner, qui prédit la poursuite de cette tendance négative. Selon le professeur Zulehner, le déclin général de la religion en France – où l’on s’attend à avoir moins de 10’000 prêtres catholiques d’ici à 2005, alors qu’ils étaient 45’000 en 1945, semble échapper à toute explication.
Par ailleurs, le professeur fait observer que les dernières données contredisaient les prévisions selon lesquelles « la laïcisation est le prix de la modernisation » et que la laïcisation des institutions a entraîné le retrait de l’Eglise de nombreux domaines – politique, culture, éducation et vie économique.
Entre autres résultats, l’étude entreprise par le professeur Zulehner montre qu’une majorité d’Européens de l’Ouest – des zones rurales et des zones urbaines – se considèrent comme croyants. En se basant sur des chiffres groupés pour la croyance en Dieu, le péché, le ciel, l’enfer et la vie après la mort, un total de 7% ont répondu qu’ils étaient pratiquants en 1999 – alors que 28% se disaient non-croyants et 5% athées.
Plus de 60% des Européens occidentaux disent aller à l’église chaque semaine, chaque mois ou chaque année, et ceux qui assistent régulièrement à l’église le dimanche sont surtout membres des Eglises libres (39%) suivis par les catholiques romains (37%), les orthodoxes (14%) et les protestants (10%).
Perte de confiance
Le professeur Zulehner ajoute que la tendance vaut également pour les pays traditionnellement catholiques et protestants. Cela pourrait être comparé, précise-t-il, au renouveau religieux qui a suivi la deuxième guerre mondiale. Toutefois, a-t-il ajouté, à l’exception de l’Italie, la perte de la confiance dans les Eglises se poursuit dans tous les pays, les gens préférant se tourner vers d’autres institutions.
Le professeur Zulehner, connu pour ses recherches sur les orientations religieuses en Europe, est doyen de la faculté de théologie catholique de l’Université de Vienne, et il dirige le Forum pastoral oecuménique d’Autriche, qui soutient des initiatives pastorales en Europe orientale. Il a été membre du Comité permanent responsable de l’Etude sur les valeurs européennes, programme chargé d’observer les tendances du continent concernant la religion, la moralité, la société, l’emploi et les loisirs, en 1981, 1990 et 1999. (apic/eni/pr)
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