Lausanne, 23 septembre 2001 (APIC) Au terme de la consultation concernant la nouvelle loi sur l’asile, fixé au 20 septembre, les Centres sociaux protestants (CSP) de Berne-Jura, Genève, Neuchâtel et Vaud ont adressé une prise de position commune au Département fédéral de Justice et police. Ils déplorent la façon dont la Suisse « entend rejeter toujours plus de réfugiés vers des pays tiers, marginaliser les requéérants pendant la procédure et encourager des renvois toujours plus abrupts ».
Les Centre sociaux protestants demandent à la Suisse d’assumer « sa part de la solidarité internationale à l’égard des réfugiés ». Ils s’opposent « au renvoi systématique des demandeurs d’asile vers les pays tiers, au seul motif que ceux-ci sont considérés comme sûrs et que les requérants y ont transité, ne serait-ce que quelques heures ». Cette mesure risque de provoquer des envois en chaîne, dénoncent les CSP.
Dans leur prise de position, ils estiment que les réfugiés doivent pouvoir gagner eux-mêmes leur vie, « plutôt que d’être poussés vers l’assistance et la marginalité par une interdiction de travailler ». Les CSP accusent également le projet de révision de la loi sur l’asile d’inciter les cantons à être expéditifs dans le traitement des renvois, en leur versant un montant d’assistance unique. Ils craignent qu’une telle disposition provoque une multiplication des disparitions dans la clandestinité, car il est « plus facile de fair pression sur un requérant pour qu’il disparaisse que d’organiser son départ, et les cantons les plus pressés d’empocher les subventions fédérales ne manqueront pas de régler ainsi le problème des déboutés ».
Un projet élaboré sous la pression de l’UDC
Les CSP sont également opposés à l’augmentation de la durée minimale de procédure d’asile pour envisager l’octroi d’une admission provisoire pour cas de détresse personnelle, qui passerait de quatre à six ans. Selon eux, cette disposition créerait de « nombreuses situations humanitaires sans issue ». Ils saluent la proposition d’accorder un permis B après six ans déjà, même s’ils souhaitent que ce délai soit encore plus court.
Ils soulignent enfin les nouvelles restrictions de ce projet « élaboré dans la précipitation et sous la pression de l’UDC », et qui « continue de refléter la vision à courte vue qui caractérise notre politique d’asile ». (apic/com/bb)
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