Encadré
Soeur Katerina Etsel, de la congrégation de Jésus Eucharistie, est venue de Sibérie occidentale avec son administrateur apostolique, Mgr Josef Werth, et un grand nombre de laïcs ou religieux, originaires de Tomsk ou de Novosibirsk. Elle a pourtant passé son enfance dans la grande cité minière de Karaganda où ses grands-parents, Allemands de la Volga, ont été déportés par Staline dans les années 30. «La venue de Jean Paul II est pour les habitants du pays un événement exceptionnel et qui les marquera. Mais pour les catholiques et spécialement les religieux, c’est un soutien immense. Le pape de Rome vient jusqu’à nous afin de nous encourager et de nous relancer dans notre mission».
S’agissant de la venue éventuelle de Jean Paul II en Russie, soeur Katerina est très évasive, «Dieu seul le sait, peut-être quand la politique changera», sans que l’on sache s’il s’agit de celle du président actuel de la Russie ou du patriarche orthodoxe Alexis II.
«C’est tout polonais, maintenant»
Du balcon de la petite cathédrale, Maria Mesmer, a une vue imprenable sur l’assemblée et surtout sur l’autel où va célébrer Jean Paul II. Cette femme d’allure très digne d’une soixantaine d’année est venue d’Allemagne pour assister à cette messe avec le pape. C’est son fils, en effet, qui a fait construire la cathédrale. Il a été durant 12 ans le curé de la paroisse et vient d’être appelé, lui aussi, en Sibérie, aux côtés de Mgr Werth. «J’ai été déportée ici en 1947, avec toute ma famille», a-t-elle expliqué dans un allemand très pur, ce qui est relativement rare dans la communauté germanophone du pays. «Nous étions originaires de la mer noire, d’Odessa. J’ai passé plus de cinquante ans ici, mais il y a trois ans, nous sommes repartis comme nous étions arrivés, avec toute la famille».
Maria a l’air un peu triste en regardant son fils Otto, dans l’assemblée des prêtres. «La Sibérie c’est tout de même bien loin, et rude». Depuis trois ans qu’elle est repartie, Maria constate l’évolution de la communauté catholique. «C’est tout polonais, maintenant», semble-t-elle regretter, alors que l’assistance entonne l’hymne de Czestokowa comme chant d’entrée. Le fait que Jean-Paul II ait prononcé son homélie en polonais au lieu du russe prévu à l’origine est venu confirmer son impression. (apic/imed/pr)
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