Rome, 26 septembre 2001 (APIC) La meilleure façon de combattre le terrorisme est de combattre les injustices qui affligent la vie de tant de pays du tiers monde. C’est ce que soutiennent les nombreux religieux et de religieuses qui manifestent ces jours-ci contre le recours à la guerre comme arme appropriée pour répondre au terrorisme suite aux attentats contre les Etats-Unis.
Le «non» clair à la guerre a tout d’abord été exprimé lors d’un sit-in devant l’ambassade américaine de Rome, organisé par la Commission Justice et Paix de l’Union des Supérieurs Généraux (USG) et de l’Union de Internationale des Supérieures Générales (UISG). Une initiative qui est appelée à se répéter.
«Notre sit-in, explique Frère Anton De Roeper, secrétaire de la Commission, n’était pas une manifestation contre les Etats-Unis, mais une prière pour la paix. A la Via Veneto, il y avait beaucoup de religieux américains. Nous avons voulu dire tout simplement : ne réagissons pas au drame vécu par la violence, ne faisons pas des guerres de religions, agissons plutôt à travers un système de protection et de sécurité plus efficace, et avec un plus grand souci d’éliminer les nombreuses injustices dans le monde, et avec un plus grand intérêt pour les autres cultures et religions».
«Notre message a été clair, précise de côté soeur Rose Fernando, franciscaine et porte-parole de l’UISG : non au terrorisme, non à la violence, non à la guerre. Nous avons tout simplement voulu donner un signe modeste, mais qui a déjà obtenu l’adhésion de plus de 50 Congrégations religieuses».
Les comboniens et les xavériens partagent ce point de vue. «Il me semble que l’on doit stigmatiser la superficialité avec laquelle on parle aujourd’hui de guerre, affirme le Père Giulio Albanese, directeur de la Misna. Il n’est pas superflu de rappeler que le Sud du monde aussi a eu ses morts dans les Tours Jumelles. Personnellement, j’ai eu la nouvelle de la mort de 100 Pakistanais au moins parmi les victimes. Il ne s’agit donc pas d’une guerre de civilisation, ou ce qui est pire, de religion».
Les problèmes portés à l’attention de l’opinion publique par le geste criminel des terroristes, selon le père Gabriel Ferrari, ancien supérieur général des xavériens, «représentent la portion émergée de l’iceberg, une mine flottante qui, tôt au tard, devait bien exploser et causer des dégâts : il s’agit d’une colère accumulée et profonde contre l’arrogance, le mépris et le triomphalisme avec lesquels nous, Occidentaux, nous nous sommes comportés ces derniers temps vis-à-vis du sud du monde». (apic/cip/vd/pr)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/italie-sit-in-des-religieux-contre-la-guerre/