Victimes probables de trafiquants

Togo : Plus de cinquante enfants esclaves rapatriés du Cameroun

Lomé, 30 sept (APIC) Un groupe de cinquante jeunes filles âgées de sept à onze ans, comprenant aussi un bébé et quatre femmes enceinte, supposés être victimes d’un trafic, ont été rapatriés cette semaine au Togo, leur pays d’origine, en provenance du Cameroun. Treize adultes qui font également partie du groupe sont, quant à eux, retenus par la police camerounaise qui les soupçonne d’être les organisateurs du trafic.

Les adolescentes ont été sauvées du naufrage du bateau dans lequel ils voyageaient vers une destination non connue. Le navire avait coulé fin août dernier aux larges des côtes camerounaises. Sept autres enfants sont morts noyés lors de l’accident.

Le retour au Togo des enfants n’a pu avoir lieu qu’après plusieurs tractations entre les gouvernements togolais et camerounais. Puis le président camerounais, Paul Biya, a ordonné leur acheminement dans leur pays d’origine, par vol spécial qu’il a affrété. Les autorités togolaises, l’UNICEF et diverses Organisation Non gouvernementales locales, travaillant dans le domaine de l’aide à l’enfance, se sont organisés pour l’accueil, l’hébergement et la nourriture des enfants. Ils subiront pour quelques jours encore, une assistance morale.

Depuis le début de l’année, environ deux cents enfants ont été rapatriés du Gabon, de la Côte-d’Ivoire et du Bénin. D’autres ont été interceptés, puis refoulés par les polices des frontières des pays voisins. Le Togo est limitrophe du Bénin et du Ghana.

Selon les premières enquêtes officielles, les enfants, dans leur majorité, sont originaires de la région septentrionale du Togo. Les parents qui se sont présentés pour les recueillir ont été interpellés par la police judiciaire pour être entendus. La Police a déclaré qu’elle enquêtait sur les conditions de leur embarquement dans le bateau qui a fait naufrage.

Phénomène courant

Le trafic d’enfants est maintenant un phénomène courant en Afrique de l’ouest. Dans certains endroits, il se fait souvent avec la complicité des parents. A cause de la crise socio-économique très dure qui a provoquée une grande pauvreté des populations. Le Togo est l’un des pays les plus affecté par cette crise. Depuis huit ans, il vit sans aide extérieure à cause de l’instabilité politique et du manque d’ouverture politique réelle du pays à la démocratie. Les bailleurs de fonds réclament des élections présidentielles et législatives sincères au Togo. Face à la pauvreté, les parents n’arrivent plus à prendre en charge leurs enfants. La voie est alors ouverte au trafic des enfants.

Le Gabon est l’une des principales destinations de ce trafic d’enfants que beaucoup considère comme une nouvelle forme d’esclavage. Là-bas, au Gabon, les adolescents sont placés dans des familles. Ils y sont employés comme domestiques, vendeurs… Selon les organisations intervenant dans les milieu infantiles, l’argent récolté par les enfants esclaves au Gabon est ensuite envoyé aux parents restés au Togo pour nourrir les familles. A cause de cette situation, les parents font tout pour envoyer leurs enfants à l’aventure. Le phénomène du trafic des enfants prend un phénomène inquiétant au Togo. Mais les conséquences sont parfois dramatiques: naufrages, violences sexuelles, entre autre. Les plus chanceux sont interceptés et retournés dans leur pays. En Afrique noire, le Gabon est perçu comme le plus riche pays du continent, à cause de ses revenues pétrolières. (apic/ibc/pr)

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