Afrique: Sans réformes internes, l’annulation de la dette africaine ne changera rien
Dar-es-Salaam, 2 octobre 2001 (APIC) L’annulation de la dette africaine ne changera rien si elle n’est pas accompagnée d’une série d’autres interventions, estime le Père Aquiline Tarimo, un Jésuite de la Tanzanie, dans une étude publiée récemment dans «Promotio Justitiae», de la Compagnie de Jésus.
«L’annulation de la dette africaine est nécessaire mais non suffisante»: cela dérive du fait que «la crise de la dette africaine est liée à un système de structures économiques nationales et internationales injustes. Si nous tenons à trouver une solution définitive, nous devons connaître les causes profondes et être décidés à changer les structures qui perpétuent cet état de choses».
Après une analyse détaillée de ce qui cause la crise, tout en mettant l’accent sur les structures anti-démocratiques héritées par les Africains après la période coloniale, le Père Tarimo suggère 10 points indiquant ce qu’il serait utile de faire pour assainir la situation de la dette et de la dépendance de l’Afrique.aTout d’abord une analyse sérieuse de la dette devrait examiner les causes inhérentes à l’économie et à l’organisation sociale de l’Afrique. «Nous devons reconnaître, affirme-t-il au deuxième point, que la crise de la dette fait partie intégrante de la situation d’injustice globale dont nous sommes tous responsables dans la mesure où elle empêche des populations entières de satisfaire leurs besoins primaires».
Les prêts, selon le Père Tarimo, devraient être accordés seulement si les gouvernements respectent les droits minimaux des citoyens. Et les politiques de réforme économique devraient faire l’objet d’un examen minutieux en vue d’une réorganisation profonde. En outre, il faut apprendre à surmonter l’habitude de la dépendance excessive des aides internationales. Pour assurer leur avenir, les Pays africains doivent investir dans la formation de leurs citoyens. Les travailleurs qualifiés et les intellectuels africains ont le devoir moral – selon le Jésuite tanzanien – de mettre leur compétence au service de leur Pays, au lieu d’émigrer à la recherche d’avantages économiques et de perspectives de carrière professionnelle. Enfin, toujours selon le religieux, il est nécessaire de renforcer les associations intermédiaires, de promouvoir un développement basé sur le contexte et sur les valeurs africaines. Pour lui, «l’Eglise catholique peut jouer un rôle significatif en vue de changer la situation actuelle, en coopération avec les autres Eglises». (apic/vd/pr)
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