Rome, 2 octobre 2001 (APIC) La collégialité et les Conférences épiscopales ont été au coeur des interventions, dans la matinée du 2 octobre, au lendemain de l’ouverture des travaux du synode des évêques qui se déroule au Vatican en présence de 247 évêques du monde entier.
Rassemblés dans la salle du synode, au premier étage de la salle Paul VI, les Pères synodaux interviennent chacun leur tour durant 8 minutes. Ces ’congrégations générales’ sont à chaque fois présidées par le pape qui donne quelques mots au début et à la fin des rencontres.
La déclaration du cardinal Joachim Meisner, archevêque de Cologne en Allemagne, a été l’unique intervention à être applaudie dans la matinée. Le prélat a affirmé que « la crise de foi dans l’Eglise est l’expression de la plus grande crise de la culture, mais aussi d’une forme d’auto-sécularisation pour laquelle sont co-responsables les organes de l’Eglise, dont les évêques ».
Cette situation est tellement « diffuse », a-t-il ajouté, que l’épiscopat « souffre non seulement d’une perte d’autorité qui vient de l’extérieur, mais qui, involontairement, favorise aussi la renonciation à l’autorité qui vient de l’intérieur ». Cela conduit les évêques à « méconnaître l’essence même de son ministère qui implique un devoir clair et irrévocable de gouvernement », a déclaré le cardinal Meisner pour qui « l’autorité de l’évêque ne se limite pas seulement à la prédication ».
A propos des Conférences épiscopales
Le cardinal José Mario Ruiz Navas, président de la Conférence des évêques d’Equateur, a souligné pour sa part des difficultés et des tensions dans l’exercice de la collégialité et dans les Conférences épiscopales. « La collégialité doit s’exprimer non seulement entre évêques, mais aussi entre la Conférence épiscopale et le pape », a-t-il déclaré. Pour cela, il a demandé à ce que ces institutions qui rassemblent les évêques d’une région déterminée deviennent « des maisons et des écoles de communion ». « Il faut changer l’interprétation que l’on a des Conférences épiscopales considérées comme instruments de puissance, en instruments de communion », a ajouté le cardinal. « Travailler à l’unisson est indispensable », a-t-il donc conclu, mettant en garde contre un « étouffement » des évêques individuels par les Conférences épiscopales.
Les Conférences épiscopales ont également été qualifiées d’ »organismes de communion » par Mgr Hector Miguel Cabrejos Vidarte, archevêque de Trujillo au Pérou. Pour lui, il est toutefois nécessaire de conserver l’autonomie et la responsabilité de chaque évêque à la tête de son diocèse. « Il faut éviter que les évêques ne deviennent des porte-parole d’un groupe d’experts qui travaillent à l’ombre de leur Conférence épiscopale », a-t-il déclaré.
Collégialité entre le pape et les évêques
La veille, le thème de la collégialité entre le pape et les évêques avait été abordé par le patriarche des Arméniens catholique Nerses Bedros XIX. « Il s’agit de trouver la juste mesure dans les relations mutuelles entre les dicastères romains et les Eglises particulières », avait-il affirmé. « Il s’agit aussi que soient assurées l’unité et la collégialité au sein de la curie romaine, chose qui aiderait énormément l’action des Eglises locales », avait conclu le patriarche.
Au total, seulement 18 évêques sur 23 ayant demandé la parole ont pu intervenir dans la matinée du 2 octobre. Les suivants devaient prendre la parole dans l’après-midi pour la suite des congrégations générales. La journée du 3 octobre sera quant à elle consacrée aux carrefours, permettant ainsi aux Pères du synode de donner leurs impressions sur les interventions précédentes. (apic/imed/pr)
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