Rome: Synode des évêques
Rome, 5 octobre 2001 (APIC) Le patriarche d’Antioche des grécs-catholiques, Grégoire III Laham, est intervenu au cours des travaux de l’assemblée du synode pour marquer son refus d’une latinisation des Eglises orientales et prévenir l’Eglise de Rome qu’elle risquait de perdre sa « crédibilité oecuménique » si elle continuait sur cette voie. De son côté, Ignace Pierre VIII Abdel Ahad, patriarche d’Antioche des Syriens-catholiques, a insisté sur le rôle politique que doivent jouer les évêques catholiques orientaux au Moyen-Orient.
Dans son intervention, le 4 octobre après-midi, Gégoire III Laham, a affirmé tout d’abord d’une voix forte « qu’il n’est pas correct d’inclure le Synode patriarcal sous le titre des Conférences épiscopales. Il s’agit d’un organisme absolument distinct. Le synode patriarcal est l’instance suprême de l’Eglise orientale ». « On parle dans l’Instrumentum Laboris de ’l’honneur particulier rendu au patriarche, a-t-il poursuivi, mais c’est diminuer le rôle traditionnel du patriarche que de parler de l’honneur et des privilèges des patriarches. Avec tout le respect dû au ministère pétrinien, le ministère patriarcal en est l’équivalent dans l’ecclésiologie orientale. Tant que cela n’est pas pris en considération dans l’ecclésiologie romaine, a ajouté le patriarche, il n’y aura pas de progrès dans le dialogue œcuménique ».
On a attendu trop longtemps
Il a ajouté que « le ministère patriarcal n’est pas une création romaine, il n’est pas le fruit de privilèges, concédés ou octroyés par Rome. Une telle conception, ne peut que ruiner les relations avec l’Orthodoxie ». « On a attendu trop longtemps pour appliquer les décrets du Concile Vatican II, les encycliques et les lettres de Jean Paul II, cela fait perdre toute crédibilité en la bonne volonté de l’Eglise de Rome dans le dialogue oecuménique a conclu le patriarche d’Antioche des gréco-catholiques.
Interrogé par IAPIC le 5 octobre à la sortie des travaux, le cardinal Lubomyr Hussar, archevêque majeur des grecs catholiques d’Ukraine a manifesté son accord avec le patriarche. Pour lui, en effet, « il faut revoir sérieusement le rôle et la place des Eglises d’orient sinon les orthodoxes ne nous prendront pas au sérieux ». « L’Instrumentum laboris n’était pas assez adapté à notre situation, a-t-il ajouté, et heureusement, ce synode est là pour nous donner la parole ».
Ignace Pierre VIII Abdel Ahad, patriarche d’Antioche des Syriens-catholiques a affirmé quant à lui que, « l’évêque cherche à sauver ce qu’il peut sauver du petit reste de chrétiens qui se maintient encore dans le Moyen-Orient. Il est devenu le protecteur de la Communauté devant l’autorité civile. C’est à lui, a-t-il poursuivi, que revient le devoir de défendre ses droits civils et, dans certains pays, il est presque un leader politique, qui malgré les souffrances que cela lui cause, dénonce tout ce qui étouffe la démocratie, la liberté et l’indépendance de son pays ». (apic/imed/pr)
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