Le gouvernement impose des mesures préventives

Bénin: Lutte contre le trafic d’enfants

Cotonou, 8 octobre 2001 (APIC) Le Bénin s’attaque au mal du trafic d’enfants. Le gouvernement entend désormais contrôler le mouvement des adolescents, non accompagnés de leurs parents légitimes. Toute sortie du territoire nationale d’enfants âgés de moins de 18 ans sera dorénavant soumise à une «autorisation préalable» des autorités judiciaires, délivrée après une enquête de plusieurs semaines.

Le Bénin est considéré comme une plaque tournante du trafic d’enfants. C’est une pratique courante que de voir des gamines et des gamins embarqués dans des voitures ou des pirogues pour être acheminés, en compagnies de convoyeurs, dans des pays tels que la Côte-d’Ivoire, le Nigeria, le Gabon. Ils sont employés comme esclaves dans ces nouvelles destinations. Depuis cinq ans, plus de 5’000 enfants ont été interceptés par la police de l’air et des frontières dans différentes parties du pays.

C’est pour lutter contre ce phénomène que le ministère de la Protection sociale a dressé l’obstacle de l’autorisation préalable. «Ce document ne sera délivré qu’après une enquête sociale qui commencera par la cellule familiale. Elle se poursuivra dans le quartier avant de s’étendre dans le reste du village ou de la ville de résidence de l’enfant concerné», a précisé Alassane Biga, directeur de la Famille, de l’Enfant et de l’adolescence au ministère béninois de la Protection sociale.

L’enquête sera menée par un magistrat, spécialisé sur l’enfance. «La mesure s’applique à tous les enfants en partance pour toutes les directions», a-t-il ajouté, soulignant que c’est pour «limiter les dégâts» que l’administration a été obligée d’imposer cette réglementation.

Sévère mise en garde

A Biga a sévèrement mis en garde tous ceux qui seraient tentés de convoyer clandestinement des enfants pour les sortir du pays, en accord ou pas avec les parents. «Quand ils tomberont dans le filet, ça ne sera pas facile pour eux», a-t-il affirmé. A ceux qui voudraient voyager avec des enfants, il leur a conseillé de commencer trois mois à l’avance les démarches nécessaires pour l’obtention de l’autorisation préalable, car dans la plupart des cas, les enfants n’ont pas de documents d’état civil.

Divers témoignages ont rapporté que les parents d’enfants confient leurs progénitures à des passeurs qu’ils ne connaissent pas, pour des sommes de 15’000 à 25’000 francs CFA (37,5 Frs à 62,5 Frs). Ces étrangers promettent de s’occuper de l’éducation des enfants, mais dans les faits, ils les cèdent à des exploitants agricoles en Côte-d’Ivoire et au Gabon. (apic/ibc/pr)

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