Document de «relation» présenté aux Pères synodaux
Rome, 12 octobre 2001 (APIC) Le thème de la communion a été jugé comme le thème fondamental et structurant des 247 interventions magistrales prononcées depuis le 1er octobre par les membres du Synode des évêques. Dans une conférence de presse, le cardinal Jorge Mario Bergoglio, archevêque de Buenos-Aires et relateur général du Synode, a présenté le document la «relatio post disceptationem» – qui résume les interventions et qui est donc axé autour de la communion ou «communio».
Ce document d’environ 15 pages, est un «entonnoir» dans lequel se retrouvent les thèmes qui ont réuni un large consensus de la part des membres du Synode», a expliqué le cardinal Bergoglio au début de son intervention. Et les évêques chargés de sa constitution l’ont divisé en quatre chapitres, «l’évêque en communion avec le Seigneur», «l’évêque au service de la communion dans l’Eglise universelle», «au service de l’Eglise particulière» et enfin «au service de la communion dans le monde».
L’évêque doit être pauvre pour le Royaume
Concernant le premier point, les Pères synodaux se sont rejoints sur le fait que l’évêque est «un homme de prière», qu’il est «appelé à être saint», qu’il a besoin d’une «formation permanente» et qu’il doit être un «pauvre pour le Royaume». Sur ce dernier point, il est écrit que «la simplicité et l’austérité de sa vie lui confère une complète liberté en Dieu». Dans le deuxième chapitre, quatre points résument les aspirations des participants, «la sollicitude des évêques vis-à-vis de l’Eglise universelle», «l’ouverture missionnaire de l’évêque», «le principe de la communion» et «le synode des évêques».
Le principe de subsidiarité mis en question
Dans le paragraphe sur le «principe de la communion», il est écrit que «plusieurs fois, dans l’assemblée, le ’principe de subsidiarité’ a été abordéé et le mode selon lequel a été exprimée la question montre qu’elle n’a pas été résolue. Cette question a été, entre autres, abordée pendant le Synode de 1995 et les Pères, en référence à la structure hiérarchique particulière de l’Eglise, ont exclu l’application de ce principe dans l’Eglise selon le mode avec lequel il est employé en sociologie». Le cardinal Bergoglio, dans son commentaire à la presse, a précisé que «le principe de communion inclut et est plus fort pour l’Eglise, que celui de subsidiarité.»
En ce qui concerne le Synode, la synthèse souligne que «certains orateurs ont insisté sur la nécessité d’une révision de la méthodologie». Il est ensuite précisé que «l’étude de cette question devra se faire à un autre moment et avec une préparation adéquate». Le troisième chapitre, le plus long, qui aborde les relations entre l’évêque et les Eglises particulières, est traité en 12 paragraphes du «maître de prière» aux relations avec les pauvres, les prêtres, les laïcs, la paroisse ou encore la crie diocésaine.
Concernant le point de la pastorale des vocations, les Pères se sont mis d’accord pour qualifier de «grave problème», celui du manque de vocations sacerdotales. Intervenant à la conférence de presse, le cardinal Bernard Agré, archevêque d’Abidjan et président délégué du Synode, a expliqué qu’une «Eglise locale, pour fonctionner, a besoin de trois pieds. Celui de l’identité culturelle de l’Eglise, celui du personnel laïc et clérical et celui de l’économie avec des personnes aux compétences adaptées.» «Vous manquez de prêtres?», a-t-il lancé à l’adresse des Européens et des Américains. «Nous manquons d’églises pour accueillir nos fidèles», a-t-il répondu, alors que le séminaire d’Abidjan accueille cette année 135 grands séminaristes. «Vous devez acceptez, a-t-il poursuivi, que des prêtres d’une autre culture viennent exercer leur ministère chez vous. C’est comme cela que se formera vraiment l’universalité de l’Eglise et que les problèmes de vocations pourront en partie se résoudre».
Sans espérance pour les pauvres, il n’y en aura pas non plus pour les riches
Le dernier chapitre aborde le thème de l’évêque comme «missionnaire», «opérateur de justice et de paix», «promoteur du dialogue» et annonciateur d’espérance». Le paragraphe sur la justice et la paix se termine sur ces mots: «nous devons tenir compte du fait que sans espérance pour les pauvres, il n’y en aura pas non plus pour les riches». Et le cardinal Agré d’ajouter: «si nous tremblons tous aujourd’hui, c’est que des pauvretés ont été crées».
Alors que durant la conférence des voix se sont élevées pour commenter le fait que cette synthèse ne reprenait pas certains points comme ceux traitant de la vocation de la femme, le cardinal Agré a précisé que «les évêques ne sont pas prisonniers de ce qui a été dit. Durant les ateliers qui vont suivre, ils sont vraiment libres et si des sujets particuliers, autre que ceux de la synthèse, remontent à la surface, ils seront traités». Ce texte est un canevas, a-t-il conclu. (apic/imedia/be)
webmaster@kath.ch
Portail catholique suisse
https://www.cath.ch/newsf/rome-les-interventions-du-synode-axees-autour-de-la-communion-ou-communio/