Afrique: Des islamistes se mobilisent pour Oussama bin Laden et les talibans
Dakar, 14 octobre 2001 (APIC) Les islamistes des pays anglophones d’Afrique au sud du Sahara apportent leur soutien à Oussama bin Laden. Des manifestations de sympathie ont eu lieu en de nombreux endroits. En Afrique francophone, les discours de bin Laden n’ont pas réussi à mobiliser les foules.
Au Nigeria, au Soudan, en Somalie, au Kenya, en Afrique du Sud et en Egypte, l’appel à la guerre sainte du milliardaire saoudien a été entendu par les activistes musulmans. Samedi au moins 13 personnes ont péri lors de violents affrontements entre musulmans et hrétiens à Kano (Nigeria). Des mosquées et églises ont été incendiées.
Depuis vendredi dernier, les actes de soutien aux talibans et à bin Laden ont eu lieu à l’université de Khartoum. Une quarantaine d’étudiants – selon des témoins indépendants – se sont retrouvés dans le campus pour crier ensemble leur désapprobation face aux actions américano-britanniques en Afghanistan.
Des importantes manifestations pro-talibanes ont eu lieu au Kenya. A Nairobi et à Mombassa (côte ouest du Kenya) la police a fait usage, vendredi, de grenades lacrymogènes pour disperser les rassemblements. Ils étaient organisés par des groupes de fondamentalistes musulmans, dont la faction radicale du subken, une fédération des associations islamiques du Kenya. Les manifestants hurlaient: « Oussama notre héros ». Ils ont réussi à bloquer le centre de Nairobi, la capitale, pendant plusieurs heures.
En Afrique du Sud aussi l’appel à la guerre sainte de Oussama bin Laden a eu un écho favorable. Des musulmans ont décidé de se porter volontaires pour combattre aux côtés des talibans. Le gouvernement, par la voix du vice-ministre des Affaires Etrangères, Aziz Paraad, leur a lancé une mise en garde très ferme: « Tous ceux qui recruteraient des gens dans le pays pour la guerre sainte, ou qui seront tentés d’aller combattre à l’étranger, sont passibles de poursuites judiciaires ».
Les musulmans sud-africains représentent 3% de la population. Ils sont essentiellement d’origine indienne. Leurs associations sont cependant très actives. Parmi celles-ci figurent deux organisations identifiées par le département d’état américain comme terroristes. Il s’agit de la Qibla et du Pagad. Selon le vice-ministre des Affaires étrangères, le gouvernement étudie la possibilité de les dissoudre.
Bin Laden ne fait pas recette dans les pays francophones
Tout a été calme dans les pays francophones durant la journée du vendredi, la plus redoutée à cause des risques de débordement après la prière qui rassemble dans les grandes mosquées plusieurs milliers de personnes pour la « salaat al jum’at ». Les musulmans d’Afrique francophone se démarquent du discours religieux que le milliardaire saoudien tente d’exploiter depuis les premières heures du déclenchement des frappes américaines en Afghanistan. Passées les premières émotions de cette intervention militaire, les francophones se sont retournés vers leurs préoccupations habituelles. Celles de la lutte pour la survie, estimant que l’Afghanistan est loin et que bin Laden ne défend pas la vraie cause de l’islam. (apic/ibc/bb)
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