« Une pépite du coeur de Dieu donnée à l’humanité »
Rome, 15 octobre 2001 (APIC) Jean Paul II fêtera le 16 octobre, le 23ème anniversaire de son pontificat. Elu pape le 16 octobre 1978, il est en 7ème position sur la liste des papes qui ont effectué le plus long mandat. Cette 23ème année de pontificat qui a débuté par la clôture du Jubilé et la publication de sa lettre apostolique sur le troisième millénaire, « Novo Millenio Ineunte », aura été marquée, à sa toute fin, par les conséquences des attentats terroristes sur New-York et Washington. Les trois voyages effectués auront été, par ailleurs, l’occasion d’émettre des signaux forts de dialogue en direction de l’islam ou de l’orthodoxie.
Dans sa lettre apostolique « Novo Millenio Ineunte », publiée le 6 janvier 2001 pour clôturer l’année du Jubilé et pour envoyer l’Eglise en mission dans le troisième millénaire, Jean Paul II a affirmé que l’année intense du Jubilé « ne doit pas aboutir à une démobilisation », mais doit être considérée comme un pèlerinage qui « nous a comme dérouillé les jambes pour le chemin qui nous attend ».
Neuf mois après ces paroles, le 11 septembre, jour des attentats sur New York et Washington, est qualifié par le pape comme « un jour sombre dans l’histoire de l’humanité ». Tout au long des journées qui suivront, il ne cessera de faire passer des messages de paix et de dialogue, refusant toute assimilation entre « le véritable Islam », comme il l’a nommé durant son voyage au Kazakhstan, « celui qui prie » et les terroristes.
Droit à l’auto-défense
Il affirmera aussi, durant le même voyage et par la voix de son porte parole Joaquin Navarro-Valls, que « le droit à l’auto-défense peut aller si aucune autre solution n’a pu être trouvée – jusqu’à employer des moyens qui soient agressifs ». Ajoutant que cela doit être considéré comme une solution ultime et les ripostes nécessaires ne devront jamais être supérieures au préjudice subi ni mettre la vie d’innocents en danger. « Chrétiens et musulmans, ensemble avec les croyants des autres religions, sont appelés à répudier fermement la violence, pour construire une humanité aimante de la vie, qui se développe dans la justice et la solidarité ! », affirmera-t-il lors de l’audience du 3 octobre.
Dialogue entre l’Eglise catholique et l’islam
Concernant ses relations avec les musulmans, Jean Paul II aura émis des signaux forts pour développer le dialogue au cours de cette année et notamment lors de son voyage en Syrie où le 4 mai, pour la première fois de son pontificat, il est entrée dans une mosquée, la mosquée des Omeyyades à Damas. Il avait alors souhaité que son geste soit, « le signe de notre détermination à faire progresser le dialogue interreligieux entre l’Eglise catholique et l’islam ».
Moins de cinq mois plus tard, il se rend au Kazakhstan, une république à majorité musulmane et prononce ces paroles devant une assemblée d’intellectuels : « je désire réaffirmer le respect de l’Eglise catholique pour l’Islam, l’authentique Islam, l’Islam qui prie, qui est solidaire de ceux qui sont dans le besoin. ».
Demande de pardon aux orthodoxes
Mais ses voyages se sont aussi tournés vers les orthodoxes avec le voyage en Grèce, en mai 2001, et dont la réalisation aura été, jusqu’au dernier moment, suspendu à l’accord des orthodoxes grecs. Finalement, le bilan de ce voyage sera positif avec une demande de pardon de Jean Paul II pour « pour toutes les occasions présentes et passées, où les fils et les filles de l’Eglise catholique ont pêché par action et par omission contre leurs frères et soeurs orthodoxes ».
De plus, fait inimaginable en raison des tensions entre les deux Eglises, Jean Paul II et l’archevêque orthodoxe d’Athènes et de toute la Grèce, Sa Béatitude Christodoulos ont récité un Notre Père ensemble, le soir du 5 mai. Un peu plus d’un mois plus tard, Jean Paul II se rend en Ukraine, où les chrétiens sont à majorité orthodoxe. Si le contact est bon avec la population locale orthodoxe, le patriarcat de Moscou garde « un mauvais souvenir » de ce voyage, « sur son territoire canonique » et durant lequel Jean Paul II avait rencontré Philarète, à la tête d’une Eglise orthodoxe ukrainienne indépendante de Moscou.
44 nouveaux cardinaux
Entre ses voyages et après l’année du Jubilé qui avait modifié le calendrier habituel des activités du pape, Jean Paul II a convoqué un consistoire extraordinaire avec la création – le 21 février – de 44 nouveaux cardinaux. Il est par ailleurs en train de mener le 10ème synode ordinaire qui se déroule depuis le 1er et jusqu’au 27 octobre.
Le pape a par ailleurs, depuis la fin de l’année du Jubilé, recommencé à recevoir les évêques du monde entier lors des visites dites, « Ad limina ». Les évêques de 23 pays se sont ainsi rendus à Rome depuis janvier 2001. Depuis janvier encore, Jean Paul II a reçu 5 présidents de la république, dont l’américain George Bush le 23 juillet dernier à Castel Gandolfo.
En dehors des signes habituels de sa maladie de Parkinson – tremblement de la main, visage figé, élocution parfois difficile – et des manifestations de vieillesse dues à son âge – légère surdité, motricité altérée -, il n’a pas eu, cette année, de complications particulières connues.
En l’honneur de ces 23 ans de pontificat, le quotidien du Vatican, « l’Osservatore Romano », sort le 16 octobre, un numéro spécial avec 10 pages entièrement dédiées au pontificat de Jean Paul II. « Une pépite du coeur de Dieu donnée à l’humanité le 16 octobre 1978 », tel sera le titre de la première page. Un documentaire inédit et dédié à l’ensemble du pontificat sera aussi diffusé le 16 octobre au soir lors d’une soirée, spécial Jean Paul II sur « Telepace », la télévision catholique italienne. (apic/imed/mk/pr)
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