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« La lutte contre la faim et la pauvreté doit être la priorité ! »
Bruxelles, 16 octobre 2001 (APIC) Le Mouvement international de la Jeunesse agricole et rurale Catholique (MIJARC), seule organisation de jeunes ruraux sur le plan mondial, a lancé depuis Bruxelles un appel dans le cadre de la Journée mondiale de l’alimentation pour « faire de la lutte contre la faim et la pauvreté la prioritéé numéro un sur tous les fronts ».
Le MIJARC, qui a fait également de cette journée le point de départ d’une campagne internationale « en faveur d’une alimentation pour tous », insiste à cet égard pour que les gouvernements soient à l’écoute des pistes que le mouvement développe sur le terrain dans différents pays. Or, l’actualité internationale n’est pas faite pour rassurer les responsables du mouvement.
« A l’heure actuelle, écrivent-ils, les chefs d’Etat et les ministres sont occupés à faire des plans militaires, à chercher des terroristes, à intensifier les contrôles pour découvrir les « réseaux dormants »… Il n’y a plus de temps pour réfléchir à la lutte quotidienne de 792 millions de personnes privées de nourriture, pas de temps pour penser à ceux qui sont affectés par le sida et aux impacts de cette maladie sur les sociétés et les économies africaines, plus de temps pour penser aux raisons et aux origines de cette attaque, qui bien évidemment doit être fortement condamnée. Mais larguer des bombes ne va pas liminer le terrorisme ! Il existe désormais une raison de plus pour lutter contre la faim et la pauvreté ».
Les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis, observe pourtant le MIJARC, ont poussé à travers le monde différents ministres chargés de l’agriculture et du développement rural, de la protection des consommateurs, du transport, de l’économie, des finances, de l’environnement, de la santé et de l’éducation à rechercher des contacts avec représentants de la société civile. A l’occasion de la journée mondiale de l’alimentation, les jeunes ruraux catholiques rappellent avec force aux gouvernements qu’ils ont « le devoir d’assurer le droit des peuples à s’alimenter ».
Nouvelles pistes d’action
Pour assurer la sécurité alimentaire, le MIJARC estime que de nouvelles pistes d’action sont à explorer. Si l’objectif est de réduire de moitié d’ici 2015 le nombre des victimes de la faim à travers le monde, comme les Etats l’ont souhaité au Sommet mondial de l’alimentation en 1996, une première piste, selon le MIJARC, doit être de travailler de concert avec les jeunes ruraux et leurs projets. Cette piste en croisera forcément d’autres: promouvoir une agriculture durable, donc bien adaptée aux traditions culturelles locales et ouverte à la diversité biologique; placer le respect des droits humains au coeur des réglementations internationales; donner la priorité aux zones rurales; valoriser le statut des femmes et des filles; faciliter l’accès à la terre pour les jeunes; reconnaître aux Etats un droit de protection de leurs marchés nationaux, quand la libéralisation risque de marginaliser les groupes les plus faibles et de compromettre la sécurité alimentaire.
Le MIJARC réclame une priorité pour les zones rurales parce que « les gouvernements accordent de moins en moins d’intérêt aux zones rurales et cela se traduit par la réduction des dépenses en matière d’agriculture et de développement rural. Les jeunes ne voient plus d’avenir dans leurs villages, et nombreux sont ceux qui émigrent vers les villes. Les mesures visant à mettre fin à l’exode rural devraient être au cœur même de toute bataille menée contre la faim. L’exode rural ne peut être endigué que si l’on offre aux jeunes une perspective de revenus et des possibilités de services de base tels que les communications, les infrastructures, la santé, l’éducation, etc. L’avenir du monde rural: c’est aussi le nôtre ».
Le rôle des femmes
Quant au rôle des femmes, le MIJARC souligne: « Les filles et les femmes non seulement souffrent davantage de la faim que les hommes (70 % des personnes privées de nourriture sont des femmes), mais par ailleurs elles jouent un rôle clef dans la promotion de la sécurité alimentaire. Il faut renforcer ce rôle par une législation nationale (sur accès à la terre, par exemple) et le prendre plus spécifiquement en compte dans des programmes (notamment dans des programmes de crédit) ». (apic/cip/pr)
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