Rome: Message du pape pour la 88ème Journée mondiale des migrants et des réfugiés
Rome, 18 octobre 2001 (APIC) Le dialogue interreligieux ne se fait pas seulement par de grandes initiatives mais surtout par des gestes quotidiens posés avec «simplicité» et «constance», estime Jean Paul II dans son message pour la 88ème journée du migrant et du réfugié pour 2002. Un message publié et présenté aux journalistes le 18 octobre 2001 sous le thème: «Migrations et dialogue interreligieux». Cette journée est célébrée chaque année dans les diocèses, suivant la date fixée par les Conférences épiscopales.
Rappelant que l’on compte aujourd’hui plus de 150 millions de réfugiés de cultures et de religions différentes «favorisant les occasions pour le dialogue interreligieux», Jean Paul II affirme que «les grandes initiatives dans ce domaine ne suffisent pas». Pour lui, «les gestes quotidiens posés avec simplicité et constance sont plus utiles et capables d’opérer des changements dans les rapports interpersonnels».
«La paroisse est l’espace idéal dans lequel peut se réaliser une véritable pédagogie de la rencontre et favoriser la prévention de tensions avec les immigrés d’autres religions», affirme le pape. Il souligne toutefois que «le service de la charité auquel sont appelés les chrétiens ne peut se limiter à la distribution des secours humanitaires». «Ce doit être aussi une occasion opportune d’offrir, avec le pain matériel, le don de la foi, spécialement à travers un propre témoignage personnel et toujours avec un grand respect pour tous», écrit-il.
«Pour que cette vie commune se développe de manière pacifique, il est indispensable que tombent les barrières de la méfiance, des préjudices et de la peur, hélas encore existants», insiste ensuite le message. Pour y parvenir, explique Jean Paul II, «il est indispensable que chacun, quelle que soit sa religion, tienne compte des exigences irréductibles de la liberté religieuse et de la liberté de conscience».
«J’exprime le souhait qu’une telle convivialité puisse exister aussi dans les pays où vivent des immigrés chrétiens qui ne semblent pas pouvoir jouir d’une effective liberté de conscience et de religion», affirme enfin le pape. «C’est l’unique voie pour alimenter l’espérance et éloigner le spectre des guerres de religions», conclut-il.
Changements
Pour le père Angelo Negrini, responsable du secteur des migrations au Conseil pontifical de la pastorale pour les migrants et les itinérants, les récents événements «nous montrent qu’il faut transformer de toute urgence une confrontation doctrinale par un témoignage de foi incarné dans la vie quotidienne». Insistant particulièrement, à l’occasion de la présentation du message aux journalistes, le 18 octobre, sur le rapport avec les musulmans, «de plus en plus nombreux dans les pays industrialisés», le père Negrini a demandé à ce que «l’immigré ne soit pas seulement considééré comme une pure main-d’oeuvre, mais aussi comme homme avec sa dignité et son droit dans tous les secteurs de la vie».
Le chargé des migrants au Vatican s’est par ailleurs dit «convaincu que dialoguer ne signifie pas annuler notre propre identité, mais au contraire de la reconnaître et de la posséder consciemment, de la manifester avec conviction, sans avoir peur de ceux qui pensent différemment». Le problème actuel de la rencontre avec l’Islam est devenu un problème personnel, a-t-il ajouté, «un problème de formation à être des chrétiens authentiques, non pour entreprendre des croisades ou des guerres saintes, mais pour engager un dialogue sincère entre croyants adultes dans la foi». (apic/imed/pr)
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