Inde: L’art: une
New Delhi, 21 octobre 2001 (APIC) Combattre les préjugés liés à la lèpre est aussi important que lutter contre cette maladie infectieuse qui frappe l’humanité depuis des millénaires. Un atelier pilote en Inde mis en place à l’intention des malades et de leurs familles montre que les personnes atteintes de la lèpre «peuvent être aussi créatives que d’autres», indique Harold Williams, l’un des responsables de cet atelier.
«Les personnes atteintes de la lèpre sont souvent considérées comme inutiles et elles sont mises au ban de la société», déplore en effet Harold Williams, chargé de la communication de la Mission auprès des lépreux en Inde (TLM).
La Mission espère renouveler dans ce sens l’expérience conduite du 8 au 11 octobre, et l’inscrire dans les programmes des centres qu’elle gère dans le pays. Avec 31 hôpitaux et 41 centres, la TLM-Inde aide 250’000 patients par an.
Selon les statistiques de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’an 2000, l’Inde compte 70% des 673’0000 cas enregistrés de lèpre. En 1999, le pays a détecté 538’ 000 nouveaux cas.
Longtemps considérée comme une maladie incurable qui mettait ceux qui en étaient atteints au ban de la société, aujourd’hui, l’infection, si elle est bien traitée, peut être stoppée en moins d’une année. Mais ce n’est pas seulement de soins dont les malades ont besoin, souligne le Dr Daphne Wilfred, spécialiste de l’hôpital géré par la TLM à New Delhi, c’est aussi de «reconnaissance». Car même si les malades sont complètement guéris, dit-elle, «les préjugés sociaux les suivent partout ou` ils vont».
«Nous devons faire connaître les talents créatifs des personnes touchées pour convaincre le public qu’elles sont aussi capables que les autres. Et l’art se révèle être un bon moyen pour cela». Intitulé «Mon rêve», l’atelier d’octobre a permis à 35 jeunes affectés par la lèpre et autres handicaps des centres de la TLM-Inde de travailler avec 10 artistes venus de l’Inde et de l’étranger.
Création d’un groupe de travail
L’une des participantes, Geeta Sharma, qui a aujourd’hui 16 ans, a quitté son école dans l’Etat du Bihar à l’âge de 14 ans, après que le médecin eut diagnostiqué la maladie. «Même chez moi l’on croit que ceux qui sont affectés ne peuvent rien faire», a confié Geeta Sharma, qui n’a accepté de participer à l’atelier qu’avec «réticence». Elle suit un traitement en vue d’une opération de chirurgie réparatrice pour sa main droite déformée.
La TLM-Inde envisage de mettre sur pied un groupe de travail «L’art pour la vie» afin d’assurer le suivi du projet développé par l’atelier. L’organisation fait partie de la Mission internationale auprès des lépreux, groupe d’action chrétien basé à Londres, qui a des centres dans plus de trente pays. (apic/eni/pr)
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