Jean Paul II demande pardon à la Chine pour les erreurs du passé

Rome: Le pape supplie la Chine de reprendre un dialogue en vue de relations diplomatiques

Rome, 24 octobre 2001 (APIC) Jean Paul II supplie la Chine de reprendre un dialogue en vue d’établir des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. C’est la teneur d’un message de quatre pages publié le 24 octobre 2001 en chinois en anglais et en italien. Demandant pardon pour les erreurs commises par l’Eglise dans le passé en Chine, le pape affirme que ces relations seraient « un avantage pour toute l’humanité », en ce moment de « profonde inquiétude » au sein de la communauté internationale.

« L’Eglise catholique d’aujourd’hui ne demande aucun privilège à la Chine et à ses autorités politiques, mais seulement de pouvoir reprendre le dialogue, pour parvenir à une relation marquée par un respect réciproque et de connaissance approfondie. Que la Chine le sache : l’Eglise à l’objectif d’offrir, encore une fois, un service humble et désintéressé pour le bien des catholiques chinois et pour celui de tous les habitants du pays », lance Jean Paul II dans son message diffusé à l’occasion de la rencontre de deux jours qui s’ouvrait à Rome le 24 octobre sur « Matteo Ricci : pour un dialogue entre la Chine et l’Occident », à l’Université pontificale ’La Grégorienne ».

Ne pouvant se rendre physiquement en Chine à cause du blocage des relations entre Pékin et le Vatican depuis 1949, Jean Paul II invite toutefois les participants à la rencontre qui se déroule à Rome à s’y rendre « idéalement et affectivement ».

Après avoir rappelé le travail du Jésuite italien Matteo Ricci (1552-1610) effectué sur le thème de « l’amitié », le pape exprime le souhait « de voir bientôt instaurées des voies concrètes de communication et de collaboration entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine ». La Chine et l’Eglise catholique sont « les deux plus vieilles institutions vivantes et actives dans le monde » et comptent toutes deux plus d’un milliard de personnes, affirme Jean Paul II, précisant que « l’ouverture d’un espace de dialogue » entre les deux parties serait « un avantage pour toute l’humanité ».

« Ce moment de profonde inquiétude au sein de la communauté internationale exige de tous un engagement ardent en faveur de la création et du développement de liens de sympathie, d’amitié et de solidarité entre les peuples », explique le pape, soulignant que « la normalisation des rapports entre la Chine et le Saint-Siège aurait sans aucun doute des répercussions positives pour l’humanité ».

« L’Eglise en Chine n’a pas toujours été exempte d’erreurs »

Par ailleurs, le pape exprime son « profond regret » pour les « erreurs » commises dans le passé par certains catholiques présents en Chine et qui pourraient entraver une telle collaboration. « L’histoire nous rappelle que l’action des membres de l’Eglise en Chine n’a malheureusement pas toujours été exempte d’erreurs », écrit-il. « Je regrette que celles-ci aient engendré chez beaucoup de personnes l’impression d’un manque de respect et d’estime de la part de l’Eglise catholique pour le peuple chinois ». « Pour tout cela, je demande pardon et compréhension à ceux qui se sont sentis, d’une manière ou d’une autre, blessés par de telles formes d’actions des chrétiens ».

« L’Eglise ne doit pas avoir peur de la vérité historique et est disposée – même si c’est avec une intime souffrance ­ à admettre la responsabilité de ses fils », continue Jean Paul II, insistant sur le « devoir important » de rechercher et d’étudier « la vérité historique ». « Le Saint-Siège est toujours prêt à offrir sa propre disponibilité et sa collaboration dans ce travail de recherche », affirme le pape en faisant allusion à la rencontre qui vient de s’ouvrir à Rome, avec la participation notamment de Giulio Andreotti, sénateur italien, et du cardinal français Roger Etchegaray.

Un symposium international consacré au Jésuite Matteo Ricci, s’était déjà déroulé à Pékin du 14 au 18 octobre 2001, à l’occasion du 400ème anniversaire de l’arrivée en Chine du missionnaire. Une trentaine de participants venus du monde entier ont analysé la figure du Jésuite italien, reconnu par les Chinois comme « maître » dans le dialogue entre les hommes de différentes cultures. (apic/imed/bb)

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