Des relations diplomatiques gelées

Encadré n°1

Ce message de Jean Paul II est la dernière des tentatives du Saint-Siège de renouer le dialogue avec la Chine, alors que les relations entre Pékin et le Vatican semblent « gelées ». Bien que plusieurs rumeurs dans la presse chinoise assuraient en 1999 que les tractations avaient reprises entre les deux parties, le Saint-Siège rappelait qu’elles étaient « sans fondement », malgré la volonté de Jean-Paul II de parvenir au rétablissement de ce dialogue.

Les faits ont eux-mêmes démenti les rumeurs, puisque dès le 6 janvier 2000, l’Association patriotique catholique chinoise a fait ordonner des évêques à Pékin sans l’autorisation du pape, le jour même où Jean-Paul II ordonnait lui-même douze évêques dans la basilique Saint-Pierre. Le porte-parole du pape, Joaquin Navarro-Valls, avait alors exprimé « l’étonnement et le désappointement du Saint-Siège ».

Le 1er octobre 2000 en revanche, c’est le gouvernement de Pékin qui a parlé de « provocation », lorsque Jean-Paul II a canonisé 120 martyrs de Chine le jour même de l’anniversaire de la proclamation de la République populaire chinoise. Le porte-parole du Saint-Siège avait cette fois affirmé qu’aucune « considération politique ou diplomatique » n’était entrée dans le choix de cette date, décidée simplement parce qu’il s’agissait du premier dimanche d’un mois spécialement consacré aux missions.

Le Saint-Siège avait déploré à cette occasion, par la voix de son porte-parole, un « manque de communication » entre le Vatican et les autorités de Pékin, soulignant son « désir » de rétablir des relations diplomatiques avec la Chine rompues en 1949 avec l’arrivée au pouvoir des communistes. Dès 1957, le pays créait sa propre Eglise « patriotique » avec les premières ordinations d’évêques – en 1958 -, sans l’aval du Saint-Siège.

Contact avec les fidèles « patriotiques »

Depuis le début de son pontificat, Jean Paul II a tenté de nouer des contacts avec les fidèles de l’Eglise dite « patriotique » ­ contrôlée par le gouvernement communiste – et avec ceux de l’Eglise dite « clandestine », fidèle au pape. A quatre reprises, il a envoyé un message aux Chinois, en février 1981 et en 1995, à l’occasion de ses deux voyages aux Philippines, en septembre 1994 et en décembre 1999.

Lors du synode pour l’Asie, en avril 1998, le pape avait en outre pris soin d’inviter deux évêques nommés avant la rupture de 1949. Il s’agissait de Mgr Mattia Duan Yinmin, évêque de Wanxian et de son coadjuteur, Mgr Joseph Xu Zhixuan. Reconnus à la fois par l’Eglise patriotique et par Rome, ces deux évêques n’avaient toutefois pas eu l’autorisation de quitter le territoire.

Le Saint-Siège a par ailleurs utilisé toutes ses voies diplomatiques pour tenter d’entrer en contact avec la Chine. Il n’a pas hésité, en effet, à demander à des pays ayant des relations avec Pékin, d’intercéder en faveur d’un dialogue. Plusieurs « envoyés spéciaux » ont en outre tenté une ouverture en se rendant sur place, parmi lesquels le cardinal français Roger Etchegaray, premier cardinal à visiter la Chine. Le premier voyage du prélat remonte à 1980, alors qu’il était archevêque de Marseille, suivi par deux autres visites, en 1993 et en 2000.

Mais les autorités de Pékin restent fermes sur leurs conditions à l’établissement de relations avec le Vatican : que le Saint-Siège renonce à ce qu’elles appellent une « ingérence » de Rome dans les affaires intérieures de la Chine – comme par exemple la possibilité pour lui de nommer librement les évêques dans le pays – et que le Vatican rompe ses relations avec Taïwan. (apic/imed/bb)

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