Nigeria: Représailles sanglantes de militaires contre des populations civiles
Lagos, 25 octobre (APIC) Des éléments incontrôlés de l’armée du Nigeria ont tué cette semaine au moins deux cents villageois et incendié trois mosquées dans le sud-est du pays. Ils entendaient ainsi venger la mort de 19 de leurs compagnons d’armes. La soif de vengeance et de sang des soldats en furie a commencé lundi et s’est poursuivie mercredi.
Leurs camarades ont été tués à l’arme blanche alors qu’ils s’interposaient, il y a une dizaine de jours, entre deux communautés ethniques en conflits. Il s’agit des jokuns et des tives qui cohabitent difficilement. Les premiers sont connus à cause d’un empire très puissant qu’ils avaient au 16e siècle. Ils accusent leurs voisins, les tives, des agriculteurs dynamiques, de réduire leurs terres de cultures. Cette «dynamique d’expansion territoriale et foncière» à l’encontre des jokuns provoque régulièrement des conflits entres les deux ethnies. Souvent mal gérés, ces différends dégénèrent en affrontements violents.
L’état-major étonné
L’expédition punitive des militaires a commencé lundi dernier et s’est poursuivie mercredi. Cette dernière opération visait à «achever le nettoyage» entamé en début de semaine. Les soldats ont alors détruit des bâtiments encore intacts, pourchassé des populations non armées et incendié un marché. En outre, ils ont tiré sur une foule de manifestants qui protestaient contre leur raid.
L’état-major de l’armée fédérale s’est étonné de cette opération qu’elle dit n’avoir pas ordonnée. Selon lui, les militaires ont agit de leur propre initiative. Un couvre-feu a été décrété dans la région de Benue où ont eu lieu les incidents. (apic/ibc/pr)
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