Rome: Message final du synode des évêques
Rome, 26 octobre 2001 (APIC) Le message final du synode des évêques, publié au Vatican le 26 octobre 2001, adresse «au peuple de Dieu» les principales préoccupations et espérances des évêques retenues après un mois de travail. A la veille de la conclusion officielle du synode qui s’était ouvert à Rome le 1er octobre pour analyser le rôle de l’évêque dans le monde, les quelque 250 Pères synodaux ont finalement voté le message final après 290 amendements. Analysant les récents attentats, le document invite à ne pas se laisser intimider par les «diverses formes de négation du Dieu vivant qui cherchent, plus ou moins sournoisement, à miner l’espérance chrétienne, à la parodier ou à la tourner en dérision».
Ce document de sept pages publié dans plusieurs langues, comprend deux grandes parties, elles-mêmes divisées en plusieurs points. Au total, on compte trente points dont un appel des évêques à la paix pour Jérusalem, ainsi que deux autres appels aux responsables de la politique et de l’économie et aux jeunes.
Dans l’introduction, les évêques tracent un bilan général du synode, se disant satisfaits d’avoir pu écouter «la voix des Eglises particulières et celle des peuples, permettant de faire l’expérience d’une fraternité universelle». Ils soulignent en particulier la diversité des membres présents, parmi lesquels des supérieurs généraux de Congrégations religieuses, des délégués fraternels des autres Eglises chrétiennes, des auditeurs, «religieux et laïcs», «hommes et femmes», ainsi que des experts. Ils déplorent toutefois «l’absence de frères très chers dans le Seigneur qui n’ont pu venir à Rome». Ils font allusion à l’impossibilité des évêques chinois de pouvoir sortir de leur pays. L’un d’entre eux, Mgr Joseph Xu Zhixuan, a envoyé une lettre aux participants du synode dans laquelle il faisait parvenir sa propre intervention écrite sur sa vision du ministère épiscopal. Retranscrite par l’agence Fides, elle avait été donnée à tous les Pères synodaux le 11 octobre 2001.
«L’horreur du terrorisme»
La première partie du document, intitulée «Jésus-Christ notre espérance», aborde tout d’abord la situation actuelle et en particulier «l’horreur du terrorisme». Soulignant que le synode a permis de «relire à la fois les tragédies et les merveilles dont nous sommes les témoins aujourd’hui dans l’univers», les évêques rappellent en particulier que l’assemblée «a exprimé sa plus vive compassion pour les victimes des attentats du 11 septembre et pour leurs familles».
«Nous ne saurions nous laisser intimider par les diverses formes de négation du Dieu vivant qui cherchent, plus ou moins sournoisement, à miner l’espérance chrétienne, à la parodier ou à la tourner en dérision», affirment-ils. Les auteurs citent alors, parmi ces «diverses formes», les «drames collectifs» et les «maux endémiques» tels que la faim, la pauvreté, l’augmentation du nombre de réfugiés et d’immigrés dans le monde, «le ravage du paludisme», «l’expansion du Sida», l’analphabétisme, les enfants des rues, l’exploitation des femmes, la pornographies, l’intolérance, «le détournement des religions à des fins de violence», ou encore le trafic de la drogue et le commerce des armes.
Présence aux malades: l’évangile de la vie
Les évêques remercient ensuite toutes les personnes «qui s’engagent au service des faibles et des malades et proclament l’évangile de la vie». Parmi elles, outre les prêtres, les religieux et les missionnaires, ils citent notamment «ceux qui se sacrifient pour les causes humanitaires», les journalistes qui, «non sans risques, font oeuvre de vérité pour le service de l’opinion publique», «les animateurs des institutions internationales», «les entrepreneurs qui travaillent «avec audace» «à la création d’emplois dans des zones réputées difficiles», ceux qui cherchent à promouvoir la dignité de la femme, à reconstruire la famille, ou encore «à préserver ou à enrichir le patrimoine culturel de l’humanité».
La deuxième partie du document, intitulée «l’évêque, serviteur de l’évangile de l’espérance», aborde ensuite les thèmes de la pauvreté, de la communion et de la collégialité, de l’oecuménisme, du dialogue interreligieux, du rôle des laïcs dans la société et de l’inculturation.
Faisant la différence entre une pauvreté «qui aliène» et celle «qui libère», les évêques invitent les hommes et les femmes à «lutter pour délivrer ceux qui subissent» la première et à «mettre en pratique» la seconde «pour l’amour et le service». Ils appellent en particulier leurs confrères évêques à «ne pas hésiter, quand cela est nécessaire, à se faire la voix des sans voix» et à faire en sorte que tous les pauvres «se sentent chez eux» dans les communautés chrétiennes.
Communion et collégialité entre évêques et pape
Le message traite ensuite de la communion et de la collégialité entre les évêques et avec le pape. «Communion et collégialité, pleinement vécues, concourent jusqu’à l’équilibre humain et spirituel de l’évêque», affirment les Pères synodaux, rappelant que la collégialité est «au service de la communion».
«L’amour de l’unité n’a rien d’une indifférence aux courants contraires à cette vérité qui brille sur le visage du Christ», continue le message. Il invite notamment les évêques à «alerter» leur peuple «sur les distorsions qui menacent la pureté de l’espérance chrétienne» et «à s’opposer à tout slogan ou attitude qui prétend réduire à néant la croix du Christ». Abordant plus particulièrement le thème de l’oecuménisme, le document parle alors d’engagement «irrévocable» de la part de l’évêque et des fidèles dans le dialogue, comme une «obligation» et une «force».
Les laïcs doivent également s’engager dans les domaines familial, social, politique et culturel, ajoutent les évêques. Ils insistent sur l’importance de «se réunir dans un apostolat organisé pour être en première ligne dans la nécessaire lutte pour la justice et la solidarité».
Enfin, dans un dernier paragraphe, les Pères synodaux abordent le thème de l’inculturation, soulignant qu’il s’agit d’un «lent travail de mûrissement et de dialogue», pour lequel la collaboration de théologiens expérimentés est nécessaire. Ils permettront, en particulier, de «poursuivre avec joie, prudence et loyauté, le dialogue interreligieux dans l’esprit de la rencontre d’Assise de 1986», affirment-ils.
Appel à la paix en Terre sainte
En conclusion, les évêques lancent un appel aux responsables politiques et économiques et aux jeunes, avant de conclure par un autre appel à la paix en Terre Sainte.
«Sans aucune prétention au moindre pouvoir politique», lancent les prélats aux «responsables politiques et économiques», «nous vous demandons de porter votre attention sur ces points du globe qui ne font pas la une des journaux télévisés et où des frères humains meurent soit à cause de la faim, soit faute de médicaments». Soulignant l’enjeu que leur action représente pour le maintien de la paix, ils demandent en particulier le «soulagement» de la dette extérieure des pays en voie de développement et la défense des droits de l’homme.
Aussitôt après, suit un appel aux jeunes dans lequel les évêques leur demandent de ne pas «se laisser enrôler dans des campagnes de division ethnique ni se laisser gagner par la gangrène de la corruption».
«Enfin, nous nous tournons vers toi Jérusalem», conclut le message avant une prière à la Vierge. «Nous prions pour ton bonheur», assurent les évêques. «Puissent tous les fils d’Abraham se rencontrer à nouveau chez toi dans le respect de leurs droits respectifs. Que tu demeures, pour tous les peuples de la terre, un symbole inépuisable d’espérance et de paix».
Ce message final a fait l’objet de quelque 290 amendements, demandant donc plusieurs séances de votes et de révisions du document. Il a finalement été voté à l’unanimité moins deux voix, celles des cardinaux américains Edmund Szoka et William Wakefield Baum, tous deux membres de la curie romaine. (apic/imed/bb)
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