Encadré
En tant que pays pauvre hautement endetté (PPHE), le Nicaragua est contraint d’appliquer à la lettre les mesures d’ajustement structurel imposées par les organismes de financement internationaux, mesures dont on connaît les conséquences économiques et sociales désastreuses. Chaque année, la pauvreté, la malnutrition, le manque d’éducation et l’absence d’accès aux soins affectent un nombre toujours croissant de personnes.
En 2001, la situation s’est encore aggravée avec la terrible sécheresse qui s’est abattue sur le nord et l’ouest du pays et les inondations qui ont affecté la Côte atlantique, détruisant dans les deux cas les récoltes et plongeant nombre d’agriculteurs dans un dénuement total allant parfois jusqu’à la famine. En outre, la chute des prix du café sur le marché mondial a jeté sur les routes, à la recherche d’un improbable travail, toute une population de travailleurs sans terre. Nombreux sont ceux qui ont fui au Costa Rica pour y chercher une situation plus stable. On estime chaque année à 25’000 le nombre de personnes qui émigrent dans ce pays et renvoient des fonds à leurs proches – pour un total estimé à 200 millions de dollars par an. Sans cette aide, beaucoup de familles ne survivraient pas, tant les salaires sont bas et le travail une denrée rare (les taux de chômage et de sous-emploi confondus sont estimés à plus de 70%). L’enseignement constitue un très bon exemple de la situation précaire des travailleurs nicaraguayens: en comparaison avec leurs voisins, les maîtres primaires nicaraguayens sont les moins payés d’Amérique centrale avec 65 dollars par mois, contre 300 au Salvador et 350 au Costa Rica. Ce revenu étant inférieur au panier de la ménagère, les familles sont contraintes de cumuler les activités dans un marché du travail déjà précaire. (apic/cgr/be)
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