Paris: L’islam montré du doigt après le 11 septembre
Paris, 5 novembre 2001 (APIC) Paris: L’islam montré du doigt après le 11 septembre La question a été posée à maintes reprises. Et les avis divergent. Nombre d’évêques ne sont pas loin de le penser. Interrogé sur les ondes de Radio Notre-Dame, à Paris, l’archevêque de Marseille cerne à son tour la question. Et répond « Non ». Il estime cependant que « s’il existe une différence radicale qui rend le dialogue difficile, il y a la possibilité de cheminer ensemble ».
Depuis les attentats du 11 septembre, en particulier, l’islam est montré du doigt. Dès le 14 septembre, Mgr Bernard Panafieu, président du Comité des relations interreligieuses et du secrétariat des religions avec l’islam a fait connaître sa position. Le prélat avait ce jour là souligné « qu’il ne faut pas faire d’amalgame entre l’islam et certains courants islamistes qui peuvent exister ici et là et qui, avait-il souligner, sont une perversion de la religion.
Une conviction exprimée une nouvelle par l’évêque dans l’interview accordée à Radio Notre-Dame, que reprend le quotidien « La Croix ». « Tout fanatisme, quel qu’il soit, relève-t-il en effet, est une perversion de la conception que l’homme peut se faire de Dieu ».
L’Eglise considère-t-elle que l’islam doit être reconnu en France? Pour Mgr Panafieu, la diversité religieuse est un fait qu’il convient aujourd’hui de constater. Les hommes et les femmes des différentes religions en France, estime-t-il, doivent trouver les chemins de rencontre. Il rappelle que les évêques de France, réunis en assemblée à Lourdes, avaient manifesté en 1998 déjà leur souci de reconnaître l’existence de l’islam.
Les musulmans de France ne doivent-ils pas se remettre en cause, en particulier depuis le 11 septembre? « Un certain nombre d’entre eux sentent bien qu’il y a une interprétation fondamentaliste du Coran qui n’est pas acceptable. Ces derniers se déclarent prêts à promouvoir une lecture réfléchie et intégrée du Coran dans la société ».
Tout en reconnaissant, les difficultés des rapports entre l’islam et le christianisme, l’archevêque de Marseille n’accepte pas des formules telles que « nous avons le même Dieu », ou « nous sommes la religion du Livre ». « Nous croyons en un Dieu qui s’est incarné dans l’histoire, et cela change radicalement et notre vision de Dieu et notre vision de l’homme. Ce Dieu, il chemine avec les hommes. Telle est notre conviction profonde ».
« Nous ne sommes pas la religion du livre »
Et de continuer: « Nous ne sommes pas la religion du Livre. Pour nous, la Parole ce n’est pas un livre, c’est une personne, c’est le Christ. Il existe une différence radicale, à la racine même des deux religions, et qui rend le dialogue difficile. Mais il y a possibilité entre des hommes et des femmes de bonne volonté de cheminer ensemble ».
Pourquoi en est-on arrivé là ? Au-delà de l’événement tragique, commente enfin Mgr Panafieu, des hommes politiques et religieux s’interrogent. D’où vient ce fanatisme et comment se fait-il que dans des pays particulièrement pauvres, de telles réactions de violence et d’agressivité à l’égard de l’Occident et des Etats-Unis se manifestent? Pour Mgr Panafieu nous représentons peut-être une sorte de paradis inaccessible. « Les populations du tiers monde viennent à la recherche d’une société paradisiaque, mais elles découvrent une société matérialiste ». (apic/cx/at/pr)
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