Salaire versé en espèces, à raison de 25 francs net de l’heure, en fonction du travail effectué et avec de fortes variations mensuelles (entre 2’’000 et 5’000 selon l’intéressé). C’est la condition rencontrée par Beat (*) dans son activité de manoeuvre dans la construction. En cas d’interruption de chantier, par exemple pour cause de pluie, il n’est pas indemnisé. Il n’a droit ni à des vacances, ni à un 13e salaire.

Exemples vécus

Manuel (*) a travaillé pendant cinq ans dans une entreprise spécialisée dans l’assainissement d’immeubles touchés par des dégâts d’eau ou d’incendie. Il était responsable d’une équipe d’environ vingt personnes. Des mesures insuffisantes étaient fréquemment à l’origine de problèmes pulmonaires. Manuel était au bénéfice d’un contrat de durée déterminée renouvelé chaque année. Son équipe était formée de travailleurs temporaires. Jamais des engagements à longue durée n’étaient conclu, pour que les travailleurs puissent être remplacés dans un bref délai à l’apparition de problèmes de santé. Durant huit mois, lors d’un mandat en Autriche, il n’a pas eu un jour de congé, ni de vacances. Enfin, la peur de perdre son emploi l’a fait parfois travailler alors qu’il était malade.

Annette (*) a débuté dans la restauration avec un revenu mensuel fixe. Lorsque le chiffre d’affaires a reculé, le personnel a continué d’être occupé, mais sans contrat. «Il y a des soirs où tu touchais simplement 60 francs à la fin de la journée, après une présence de douze à treize heures. Et s’il y avait trop peu de clients, le chef venait simplement vers toi à minuit et disait: maintenant il faut faire la fermeture. Et tu n’avais qu’un billet de 20 francs dans la main.»

Ces trois exemples, tirés de sept témoignages parus dans l’étude, illustrent les situations qualifiées de «précaires» par Caritas Suisse. La précarité s’y distingue notamment par diverses formes de dépendance du travailleur face à son employeur. «Il peut arriver que des personnes impliquées montent de la sympathie et de la confiance envers leurs supérieurs hiérarchiques, en dépit des conditions de travail précaires qu’elles endurent», souligne Caritas. (apic/bb)

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