Un spectacle sur le thème de la femme en 2004.

Lausanne : La cathédrale se replonge dans les mystères du Moyen Age

Lausanne, 8 novembre 20001 (APIC) La cathédrale de Lausanne accueillera, ces prochaines années, une série de spectacles bibliques, inspirés des mystères du Moyen Age. Il s’agit d’un projet ambitieux dont les premières réalisations verront le jour en 2004, 2006 et 2009.

Lors d’une conférence de presse le 6 novembre à Lausanne, Paul Vallotton, initiateur de «La Pierre et l’Esprit», jeu biblique qui connu un large succès en 1975, a rendu publique son projet. A sa demande, François Rochaix, réalisateur de la Fête des Vignerons, a accepté d’en assumer la réalisation. Il sera accompagné dans sa tâche par de jeunes metteurs en scène, afin d’assurer la continuité de la démarche. Il est déjà prévu d’utiliser la cathédrale de Lausanne, non seulement pour le spectacle de 2004, mais également pour des projets en 2006 et 2009.

Le mystère biblique présenté en automne 2004 portera sur le thème des figures féminines dans l’Ancien Testament. Il se compose de trois parties. Chacune sera écrite par des auteurs différents.

Le spectacle inaugural, «Le jeu de Lilith et d’Eve», sera écrit par la poétesse et dramaturge Sylviane Dupuis, sur le thème de la désobéissance d’Eve, source du péché, mais également de la connaissance. Le second volet, «Le Jeu de Dina», sera l’œuvre du dramaturge et théologien Claude Schwab. Il abordera le chapitre des femmes désirées, harcelées et violées sur le thème du «violeur amoureux». La dernière partie, intitulée «Les étrangères fondatrices», sera écrite par l’auteur dramatique et comédien Jacques Probst. Il traitera de la question de la pureté et du mélange.

Le choix de figures à la fois bibliques et féminines touchent aux domaines respectifs de la religion et de la condition de la femme. Il ne s’agit cependant pas d’une œuvre prosélyte ou militante, estiment les initiateurs. La volonté des concepteurs est à la fois «de produire un spectacle accessible à un large public, tout en posant une interrogation de fond sur les relectures des traditions bibliques et ses apports aux développements d’un féminisme adulte et fécond».

Dans le prolongement d’une longue tradition

Les Eglises catholique et protestantes ont un intérêt direct à «Mystères à la cathédrale», explique aujourd’hui Bernard Reymond. Selon lui, l’entreprise s’inscrit dans le prolongement d’une longue tradition chrétienne. Et puis, «elle mise sur la redécouverte de quelques grandes figures bibliques, plus exactement du premier Testament.» Considérée sous cet angle, estime-t-il, elle est de nature à intéresser également les milieux proches de la tradition juive, voire musulmane.

Le fait que les figures choisies soient féminines retient particulièrement l’attention. Au cours des siècles, la tradition occidentale a trop souvent négligé de s’intéresser à ces femmes de la première alliance, quand elle ne s’ingéniait pas à desservir leur mémoire. Et Bernard Reymond de s’exclamer : «De quoi n’a-t-on pas accablé la figure d’Eve ! Cette fois-ci, on choisit de se confronter à elles, tout comme le théâtre permet de le faire avec les grandes figures de la tragédie antique.»

Issus de la Bible, ces personnages prennent enfin place sur l’horizon pluriel de la rencontre entre religions, commentent encore les initiateurs : «Ils sont issus d’un contexte culturel au sein duquel diverses religions étaient sans cesse confrontées les unes aux autres».

«Mystère à la cathédrale» viendra-t-il regarnir les rangs de celles et ceux qui fréquentent cultes ou messes ? Ce n’est pas son but, assure enfin Bernard Reymond : «Ce n’est pas non plus ce que les Eglises peuvent attendre de cette entreprise». (apic/sh)

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