Moins de pauvres, mais davantage de sans ressources

France: Bilan annuel du Secours catholique pour 2000

Paris, 7 novembre 2001 (APIC) Moins de pauvres, mais davantage de personnes sans aucune ressource: si certains retrouvent l’espoir avec la reprise économique, d’autres au contraire s’enfoncent encore plus, selon le bilan annuel du Secours catholique, rendu public mardi à Paris.

L’organisation caritative, qui a étudié la situation de quelque 100’000 des 670’000 personnes accueillies par ses équipes en 2000, note également une augmentation de la proportion des personnes vivant seules et s’inquiète du sort «particulièrement préoccupant» de la population étrangère.

La baisse du nombre de personnes qui ont recours au Secours catholique est significative: – 7% en deux ans. Mais parmi eux, les «sans ressources» ont augmenté de 3% en un an et représentent 16% des personnes accueillies. Quand elles ont des ressources, celles-ci restent très faibles: le revenu moyen mensuel n’est que de 640,29 euros (4’200 FF). Plus significatif encore, celles qui ne vivent que du revenu de leur travail ont un revenu à peine égal à celles qui ne vivent que des transferts sociaux.

L’isolement est un facteur aggravant, estime le Secours catholique. La solitude progresse en France dans toutes les couches de population, mais les conséquences, notamment psychologiques, sont plus graves dans les situations de précarité. C’est entre 20 et 54 ans (et surtout entre 25 et 29 ans) que les personnes seules sont les plus nombreuses dans les accueils, les hommes étant deux fois plus nombreux dans ce cas que les femmes. 66% des garçons de moins de 25 ans vivant seuls sont sans aucune ressource.

Parmi les plus de 25 ans, ceux qui n’ont rien, même pas le RMI, sont en grande partie des étrangers, dont les trois quarts en attente de statut. 22% des personnes accueillies par le Secours catholique sont étrangères, alors que, rappelle l’association, 5,6% seulement des personnes vivant en France le sont. «Cet écart manifeste bien la fragilité de la condition d’étranger», souligne-t-elle, réclamant de nouveau le droit au travail pour les demandeurs d’asile.

Côté logement, le Secours catholique a remarqué une diminution relative de la location privée, compensée pour une petite part par l’augmentation de la location HLM, mais surtout par les logements précaires et l’hébergement d’urgence. Près de 2% des personnes accueillies sont logées en chambre d’hôtel, certaines plusieurs mois. Ce sont des solutions «inconfortables et insécurisantes», qui «freinent l’insertion», affirme l’association.

La proportion de personnes ou familles ayant des impayés recule un peu (69% au lieu de 71%). Le poste téléphone cependant a augmenté de 12 à 14%, téléphone mobile, internet grevant les budgets, et les plus fragiles étant les moins bien protégés. «Bien-sûr, des bonnes âmes diront: «ils peuvent s’en passer», mais pourquoi les pauvres doivent-ils s’adapter aux normes de la société et non l’inverse», affirme le Secours catholique.

Le crédit facile montré du doigt

Les impayés de crédits à la consommation ont également augmenté. Le montant moyen d’impayés est de près de 3’050 euros (20’000 FF). «Souvent en charge de plusieurs enfants et rassurées par un emploi et un logement stables, ces familles se croient plus solides qu’elles ne le sont et se laissent tenter par du crédit facile à obtenir», déplore le Secours catholique.

Les statistiques 2000 révèlent une légère hausse (+ 2%) des situations d’impayés comportant des crédits à la consommation. En 1999, 7 % des accueillis étaient affectés par ce type d’endettement. Ce phénomène ne touche pas les personnes les plus démunies. Il concerne en particulier les familles ayant des ressources devenues cependant insuffisantes pour parvenir à rembourser leurs différents crédits. 69 % des accueillis déclarent avoir des impayés qui correspondent à des factures ou à des emprunts échus et non payés. Parmi eux, 60 % ont des impayés liés à des dépenses de base telles que l’eau, l’énergie (EDF/GDF) et le loyer. 9 % signalent des impayés comportant des crédits à la consommation. Ces crédits concernent tous les prêts consentis par les organismes de crédit pour inciter à l’achat de biens de consommation courante.

Situation familiale

Dans 68 % des cas, les situations d’impayés avec crédit à la consommation touchent les familles avec enfant composées à 32 % de familles monoparentales et à 36 % de couples avec enfants. 40 % de l’ensemble de ces familles ont au moins trois enfants. Les couples sans e0 en chiffres

Le Secours catholique représente en France 2’145 lieux d’accueil, 4’000 équipes sur le terrain, 72’000 bénévoles et 900 salariés. En 2000, le Secours Catholique a accueilli 669 700 situations de pauvreté (1), soit une baisse de 5 % par rapport à 1999. Une diminution sans doute liée à l’amélioration de la conjoncture économique et à l’entrée en vigueur des dispositifs de la loi contre l’exclusion. Ces situations représentent environ 1 570 000 personnes : 837 000 adultes et 733 000 enfants. (apic/com/pr)

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