Canada: Décision de payer des indemnités aux victimes d’abus dans les internats:
Vancouver, le 9 novembre 2001 (APIC) La décision du gouvernement fédéral canadien de procéder au règlement des cas dans l’affaire des violations commises dans les internats pour autochtones a été accueillie avec surprise et consternation par quatre Eglises canadiennes, en dépit de l’accord du gouvernement d’endosser une plus grande part de responsabilité.
Après plus d’une année de discussions entre les Eglises et le gouvernement fédéral, le règlement proposé par le gouvernement la semaine dernière a été décidé sans la participation des Eglises, ont déploré les responsables religieux. Le vice-premier ministre, Herb Gray, chef de l’équipe gouvernementale chargée de négocier avec les Eglises, a annoncé le 29 octobre que le gouvernement allait payer 70% des indemnités destinées aux quelque 1’000 anciens pensionnaires des institutions fédérales gérées par les Eglises.
Cet offre pourrait concerner des milliers d’autres anciens élèves qui disent avoir subi des abus sexuels, émotionnels, physiques et culturels dans les internats alors gérés par quatre Eglises canadiennes au nom du gouvernement entre 1820 et 1969. Les dépenses entraînées devraient être de l’ordre d’environ un milliard de dollars canadiens (650 millions de dollars). Selon le règlement proposé par le gouvernement, les Eglises devront donc payer environ 300 millions de dollars canadiens (195 millions de dollars).
Dans un cas au moins, le tribunal a estimé la responsabilité financière du gouvernement à seulement 40%, et a attribué à l’Eglise concernée la majeure responsabilité.
Même si l’offre du gouvernement lui réserve une plus grande responsabilité, les Eglises impliquées déplorent le caractère unilatéral de cette décision. Pour l’archidiacre anglican Jim Boyles, président de l’équipe oecuménique qui a négocié avec le gouvernement, si l’offre du gouvernement est « une première étape raisonnable », le règlement ne résout pas de nombreuses questions, entre autres les allégations concernant les abus culturels et les moyens pour l’Eglise d’assumer sa part sans « freiner les programmes sociaux en cours ».
Les quatre Eglises qui composent l’équipe oecuménique – anglicane, presbytérienne, catholique romaine et unie – exhortent le gouvernement à revenir s’asseoir à la table de négociation. La plus grande Eglise du Canada, l’Eglise unie du Canada, a « dépensé entre deux et trois millions de dollars canadiens (entre 1,3 et 1,95 million de dollars EU) par an, en grande partie pour les frais de procès. (apic/eni/pr)
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