Une Eglise qui lutte avec les exclus est un signe d’espérance

Fribourg: Mgr Genoud redit son idée de régularisation catégorielle des sans-papiers

Fribourg, 14 novembre 2001 (APIC) Lors de leur dernière séance, tant le Conseil presbytéral (Cpy) que le Conseil pastoral diocésain (CPAD) du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg ont abordé la délicate question des sans-papiers. L’évêque diocésain, Mgr Bernard Genoud, a expliqué sa position sur cette question récurrente. Le Cpy a également traité la question de la synergie à promouvoir entre les divers lieux de formation des futurs agents pastoraux (prêtres, diacres permanents et laïcs).

L’assemblée du tout nouveau Conseil pastoral diocésain a eu lieu samedi à Fribourg sur le thème « Fribourg: Mgr Genoud redit son idée de régularisation catégorielle des sans-papiers », reprenant ainsi une thématique d’AD 2000.

La politique suisse envers les étrangers a été notamment au cœur des préoccupations, lors des réunions du Conseil presbytéral et du CPAD de Lausanne, Genève et Fribourg (LGF). Les deux assemblées se sont tenues à Fribourg, respectivement les 8 et 10 novembre. Le Conseil presbytéral a également défini les premières lignes d’une collaboration intensifiée entre les lieux de formation pour prêtres et laïcs. Il s’agit dans le domaine de la formation de favoriser les synergies et de préparer les divers acteurs de la pastorale à travailler en équipe avant même leur engagement sur le terrain, commente le porte-parole du diocèse, Nicolas Betticher.

Pour une régularisation catégorielle des sans-papiers

Lors des assemblées du CPAD et du Cpy, Mgr Bernard Genoud, évêque du diocèse de LGF, a précisé sa position sur la question des sans-papiers. Il s’est dit favorable à une régularisation catégorielle, qui constitue une solution intermédiaire entre la régularisation collective, jugée impraticable et parfois « injuste », et l’actuelle politique de la régularisation « au cas par cas ». L’intégration dans une catégorie implique certes une appréciation du cas particulier. Cependant, la procédure se trouve facilitée.

Bien que l’occupation de l’église St-Paul au Schönberg ait focalisé l’attention durant l’été – avec pour mérite d’attirer les projecteurs sur une situation d’injustice criante que l’Eglise suisse avait déjà dénoncée auparavant à plusieurs reprises, relève N. Betticher – , l’évêque a voulu élargir le débat au plan suisse. Il a souligné l’importance d’une généralisation du problème au niveau national. On note que la sensibilité sur cette question est pour le moment plus vive en Suisse romande.

Sensibiliser les fidèles au problème

La session des Chambres fédérales au mois de mars prochain traitera précisément de la nouvelle loi sur les étrangers, et c’est dans ce cadre que le problème des sans-papiers doit être réglé. C’est pourquoi, la généralisation du débat est un enjeu prioritaire. Dans cet ordre d’idée, l’évêque invite les membres du CPAD à diffuser son message auprès des paroisses, afin de sensibiliser les fidèles à la réalité de cette problématique.

Lors de l’assemblée du CPAD, M. Montaluisa, de la Commission fédérale des étrangers, a questionné la politique migratoire en Suisse. Il a situé le problème dans la perspective de la naturalisation, notamment celle des étrangers de la troisième génération, qui devrait être automatique. Il déplace ainsi l’enjeu d’un droit du sang, à un droit de la terre. Ce n’est plus l’origine ethnique qui définit une nationalité, mais le fait d’être né ou de vivre dans un pays. De plus, il devient évident que la politique d’immigration nationale ne peut faire abstraction des mouvements migratoires au niveau européen. La politique dite des « trois cercles », qui réserve l’immigration en Suisse aux membres de l’Union européenne, ne suffit plus, puisque les ressortissants de l’UE ne se précipitent plus pour chercher du travail en Suisse, la situation de leur pays d’origine s’étant pour la plupart beaucoup améliorée.

Une collaboration plus intense entre prêtres et laïcs dès leur formation

Le Conseil presbytéral a également affirmé sa volonté d’intensifier la collaboration entre les différents lieux de formation: le séminaire diocésain, la Faculté de théologie, l’Ecole de la foi et des ministères, et l’Institut de formation aux ministères (IFM). Les futurs prêtres et les laïcs qui se destinent au travail pastoral devraient désormais apprendre à travailler ensemble, dès les premières étapes de la formation. Cet apprentissage de la collaboration continuera également durant les stages et les temps de discernement. Dans la mesure du possible, les études seront également orientées vers une équilibration de la formation, dans le but de favoriser la flexibilité des tâches pastorales.

Cependant, aucune décision sur les applications concrètes n’a été prise. Ni la démission de la direction de l’IFM pour la fin de l’année scolaire, ni le faible taux d’inscription dans les divers instituts de formation, n’ont – pour l’instant du moins -, permis une décision définitive. (apic/sh)

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