Une initiation religieuse, au nom de la laïcité

France : Les évêques exigent un temps scolaire à l’initiation religieuse

Paris, 14 novembre 2001 (APIC) Le moment est venu de rappeler à l’Etat que l’école doit réserver un temps à l’initiation religieuse. Ces problèmes «doivent être abordés, étudiés et résolus dans une négociation au plus haut niveau», déclare Mgr Michel Dubost dans une interview publiée mercredi dans le journal catholique «La Croix». Le problème n’est pas neuf: de plus de en plus de communes françaises font venir les enfants à l’école primaire le mercredi, de façon à libérer le samedi. Bientôt, ce sera également le cas à Paris.

Les évêques dénoncent ce qui est, notent-ils, une remise en cause des principes de la laïcité. C’est ce qu’explique au journal «La Croix» Mgr Michel Dubost, évêque d’Evry-Corbeil-Essonnes et président de la Commission épiscopale de la catéchèse et du catéchuménat.

Mgr Dubost commence par déplorer que les horaires des enfants soient modifiés en fonction de ce qui convient le mieux aux parents, alors que les médecins conviennent que les enfants ont besoin d’une rupture en milieu de semaine. Il s’insurge ensuite contre une remise en cause des principes de la laïcité. Car c’est Jules Ferry qui a institué ce temps – le jeudi matin à l’époque -, réservé à l’Eglise pour l’initiation religieuse. «Il avait alors une certaine conception de la laïcité, souligne-t-il. Les responsables de l’Etat considéraient légitime de ne pas avoir la mainmise sur la formation spirituelle. Ils estimaient préférable qu’il existe, à côté de l’éducation nationale, d’autres acteurs éducatifs.»

La liberté religieuse est un droit de l’homme

Pourquoi ne pas négocier dans le cadre d’un réaménagement des horaires? Parce qu’il y a une loi, répond Mgr Dubost, qui s’étonne qu’un certain nombre de personnes au gouvernement, dans les cabinets ministériels, se soient permis d’élaborer des circulaires qui vont à l’encontre de la loi. «Le problème n’est pas de refuser toute évolution, dit-il. Encore faut-il que soit respecté l’esprit des lois de laïcité et que cela soit discuté au plus haut niveau».

Les évêques sont conscients qu’il existe un certain nombre d’évolutions et de difficultés pratiques (le ramassage scolaire par exemple), qui doivent amener à chercher des solutions plus confortables pour tous. «Mais l’esprit de la loi, c’est le respect d’un temps de formation religieuse pris sur le temps scolaire, insiste l’évêque responsable de la catéchèse. C’est un droit de l’homme! La liberté religieuse est garantie par la Constitution. Cette liberté n’est rien si l’on assure pas les conditions de son exercice. Il est important que l’Etat réfléchisse à ce que signifierait la fin d’un temps de formation spirituelle».

33% d’enfants catéchisés

Si la diminution des effectifs au «caté» n’est pas uniquement imputable à ce non-respect du mercredi matin – de plus en plus d’enfants y vont un autre jour -, il reste que, sur les 33% d’enfants catéchisés, ils sont encore une bonne moitié à y aller le mercredi matin. Mgr Dubost croit d’ailleurs qu’il y a là une question plus vaste, celle de l’emploi du temps des enfants aujourd’hui: «Nous avons tellement peur qu’un enfant ne soit pas performant que nous le préparons comme si la vie, ensuite, était une compétition, et ce dès le plus jeune âge. Même les jeux, aujourd’hui, doivent être éducatifs, c’est de la formation camouflée!»

En attendant, les mercredis continuent d’être grappillés ici où là. Mgr Dubost ne compte pas rester les bras croisés. «Certains diocèses ont pu accepter ces aménagements, par souci des enfants, déclare-t-il. Je crois que le moment est venu pour nous de dire à l’Etat que ces problèmes doivent être abordés, étudiés et résolus dans une négociation au plus haut niveau.» (apic/cip/cx/bb)

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