« Calomnies sans fondement »
Pyongyang, 15 novembre 2001 (APIC) Les autorités nord-coréennes ont réagi avec virulence à la publication par le département d’Etat américain de l’édition 2001 de son rapport annuel sur la liberté religieuse dans le monde, le qualifiant de » calomnie sans fondement » et faisant donner de la voix les associations religieuses officielles du pays. Accusant les Etats-Unis de tuer des musulmans en Afghanistan, le ministère des Affaires étrangères estime que » les Etats-Unis sont mal placés pour faire la leçon à un pays étranger au sujet des questions religieuses « .
Le rapport américain, publié le 26 octobre dernier, place la Corée du Nord aux côtés de pays tels que la Chine populaire, l’Iran, l’Iraq, la Birmanie et le Soudan où le » respect » de la liberté religieuse est cause de » soucis particuliers « . Bien que la Constitution nord-coréenne garantisse la liberté de croyance et que le gouvernement reconnaisse officiellement l’existence de plusieurs groupements religieux, il n’existe pas de réelle liberté religieuse dans le pays, peut-on lire dans ce rapport.
Le rapport précise que la Corée du Nord craint que les actions humanitaires menées par des organisations sud-coréennes d’inspiration confessionnelle (souvent chrétiennes) sur le versant chinois de sa frontière septentrionale » ne puissent évoluer vers des objectifs plus politiques « , comme le renversement du régime communiste au pouvoir à Pyongyang. En dépit d’une certaine ouverture manifestée à la fin des années 1980, ajoute-t-il, » selon plusieurs sources qui ne peuvent être indépendamment confirmées, des personnels religieux ou des personnes qui ont des liens avec les groupes évangéliques étrangers qui opèrent à partir de la frontière avec la Chine semblent avoir été arrêtées et condamnés à des lourdes peines « .
Démenti au rapport américain
Le 30 octobre, à Pyongyang, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a publié un communiqué rédigé en anglais où l’on pouvait lire, entre autres, que » les Etats-Unis invoquent leurs propres lois comme s’ils étaient les juges des questions religieuses « . La Corée du Nord » continuera à consolider et développer le socialisme selon ses propres critères quoique puissent en dire d’autres personnes « , a déclaré le porte-parole, ajoutant que son pays demande aux Etats-Unis d’admettre que ses forces armées avaient détruit des bâtiments religieux et tué des personnels religieux durant la guerre de Corée (1950-53).
L’Association coréenne des « religionnaires » a publié un démenti au rapport américain, affirmant que « chacun sait que nos religionnaires jouissent d’une liberté de religion complète ». Le 2 novembre, à la radio, Chang Jao-on, chef de l’Association nord-coréenne des catholiques romains, a dressé la liste des services religieux conduits par des personnalités religieuses étrangères en Corée du Nord, citant notamment les visites du télévangéliste américain Billy Graham à Pyongyang en 1992 et 1994.
Les 5 et 6 novembre, c’était au tour de la Fédération nord-coréenne des chrétiens et à la Fédération coréenne des bouddhistes de publier des communiqués condamnant les bombardements par les forces américaines de lieux de culte durant la guerre de Corée. (apic/cip/mk)
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