La communauté universitaire fait ses adieux à Augustin Macheret

Fribourg: 112ème Dies academicus 2001 à l’Université des catholiques suisses

Fribourg, 15 novembre 2001 (APIC) Le traditionnel «Dies academicus» de l’Université de Fribourg, jeudi 15 novembre, a été l’occasion pour la communauté universitaire de faire ses adieux au conseiller d’Etat sortant Augustin Macheret. Le ton était à la gratitude envers l’ancien recteur de l’alma mater friburgensis qui a occupé deux législatures durant le poste de directeur de l’Instruction publique et des affaires culturelles du canton de Fribourg.

«Merci pour ces 10 ans au service de la jeunesse du canton et pour votre constant engagement en faveur de l’Université de Fribourg et de la formation au niveau du pays», a lancé le recteur Paul-Henri Steinauer. Pour remercier A. Macheret, qui a occupé la charge de recteur huit ans durant, avant d’accéder au gouvernement cantonal, l’Université en a fait jeudi le président d’honneur des festivités.

Dans son allocution, le recteur Steinauer a rappelé qu’aux débuts du rectorat d’A. Macheret, il y a 18 ans, l’Université de Fribourg ne comptait que quelque 4’600 étudiants, chiffre qui a doublé aujourd’hui. L’ouverture au monde est bien présente: l’institution compte des élèves de plus de cent nationalités – c’est la plus cosmopolite de Suisse – et 35% de son corps enseignant est d’origine étrangère.

Les mérites du ministre sortant

La volonté de se présenter comme une Université bilingue et comme un lieu d’échanges entre les cultures, ainsi que l’engagement à mettre en œuvre dans l’ensemble des Facultés la Déclaration de Bologne signée en 1999 par 29 ministres européens de l’éducation – dont la Suisse – expriment aussi cette volonté de s’ouvrir à un espace universitaire européen à même de défendre la place de l’Europe scientifique, notamment face aux Etats-Unis.

En tant que directeur de l’Instruction publique, A. Macheret s’est vu remercier chaleureusement pour trois apports majeurs: sa contribution à l’adoption de la nouvelle loi cantonale sur l’Université de 1997, aux nouvelles constructions scolaires de Pérolles 2 acceptées par le peuple, et à la compréhension par les autorités et le peuple fribourgeois que leur Université est non seulement un instrument de formation et de développement culturel que nombre de cantons aimeraient posséder, «mais aussi une source de revenus économiques qui n’a pas d’équivalent dans le canton».

Il n’y a pas de science sans conscience: veiller à la réflexion sur la dimension éthique

Le recteur a également rappelé que la toute nouvelle Charte de l’alma mater – une Université d’Etat fondée en 1889 àà l’initiative des catholiques suisses – contient trois chapitres: «Qualité, responsabilité, esprit de dialogue». Selon la Charte adoptée le 2 octobre, les missions de recherche de l’Université ne sauraient être correctement remplies sans être au service de la personne humaine et de la société. «La formation comme la recherche doivent s’accompagner d’une réflexion éthique sur le sens des connaissances scientifiques», a souligné le recteur Steinauer. Si beaucoup se fait déjà dans chacune des Facultés, il s’agira de mieux coordonner ces efforts et de veiller à ce que chaque parcours de formation comporte un temps de réflexion suffisant sur les enjeux éthiques des connaissances acquises. Faisant allusion aux récents attentats terroristes, Paul-Henri Steinauer a relevé que l’actualité nous montre chaque jour l’importance accrue de repères éthiques.

Attention à la pensée unique de l’économie

Mise sous pression par les contraintes économiques – les moyens financiers stagnant, l’on privilégie tujours davantage le financement de projets rentables – l’Université risque de céder aux sirènes de la pensée unique de l’économie. «L’on sait pourtant que la capacité d’innovations d’un pays est fortement liée à une recherche libre, indépendante et qui n’est pas orientée prioritairement sur le profit», a mis en garde le ministre fribourgeois de l’éducation. Confrontée à l’immense question de savoir quelle est la nature de l’espèce humaine et de la définition de l’homme, «l’Université pourra-t-elle y répondre lucidement alors que ses chercheurs deviennent investisseurs?», s’est encore interrogé Augustin Macheret.

En début de matinée, lors de la messe en l’église du Collège St-Michel, le nonce apostolique en Suisse, Mgr Pier Giacomo De Nicolò, avait déjà tracé les limites de la science, tout en défendant l’autonomie de la raison humaine. Invoquant la figure de saint Albert le Grand, dont c’était la fête le 15 novembre, il a rendu hommage à ce «savant universel», qui fut évêque de Cologne au Moyen Age. Le dominicain allemand, proclamé docteur de l’Eglise par Pie XI en 1931, avait confiance dans la raison critique. Il défendait un idéal scientifique exigeant, une recherche de la vérité dans un climat d’entente, respectant la pensée de chacun. Cette recherche de la vérité, sans censure ni préjugés, reconnaissant aussi humblement les limites de la science, s’enracinait chez Albert le Grand dans une foi invincible dans un Dieu créateur et sauveur. (apic/be)

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