La torture reste une pratique largement répandue dans ce pays

Indonésie: Des mesures concrètes doivent être prises pour mettre fin à la torture, selon AI

Londres, 16 novembre 2001(APIC) Alors que le Comité des Nations Unies examine à Genève du 16 au 19 novembre le premier rapport présenté par le gouvernement indonésien, Amnesty International (AI) rappelle que les autorités de ce pays n’ont quasiment rien fait pour mettre fin à la torture. Des centaines de cas sont signalés chaque année par des groupes de défense des droits humains en Indonésie.

La torture est couramment pratiquée pour punir, intimider ou arracher des aveux, dénonce Amnesty International. Dans certains cas, ces supplices sont tellement violents qu’ils coûtent la vie à ceux qui en font l’objet. L’organisation de défense des droits de l’homme a recueilli des informations faisant état de supplices infligés à des suspects de droit commun, ainsi qu’à des individus impliqués dans des litiges fonciers et des conflits du travail.

La torture est pratiquée tant par l’armée que par la police, rapporte AI. Des initiatives concrètes doivent être prises de toute urgence pour modifier à la fois les lois et les pratiques en Indonésie. Interdire expressément la torture dans le Code pénal est la première et la plus élémentaire des mesures à adopter. Dans la foulée, des sanctions doivent être prises contre les représentants de l’Etat qui ignorent les garanties juridiques applicables en matière de protection des détenus.

Impunité des tortionnaires

Il est rare que les allégations de torture donnent lieu à des enquêtes et que les responsables présumés soient traduits en justice, dénonce Amnesty International. Il n’existe aucun mécanisme d’investigation efficace et indépendant sur les allégations de torture, et le système judiciaire marqué par une corruption endémique est incapable de se charger de manière adéquate des cas de torture et d’autres violations des droits humains. Les victimes de torture ne disposent donc d’aucune voie de recours leur permettant de demander réparation avec la moindre chance de succès.

En signant la Convention des Nations unies contre la torture en 1998, l’Indonésie s’est engagée à prendre une série de mesures, notamment à engager des réformes législatives et judiciaires, à améliorer la formation des agents de l’Etat, et à mettre en place des mécanismes permettant de contraindre les tortionnaires à rendre des comptes, rappelle Amnesty International, qui exhorte le gouvernement indonésien à s’acquitter des obligations qui lui incombent aux termes de la Convention. (apic/com/bb)

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