Baar: Semaine de rencontre constructive pour 24 évêques de dix Eglises différentes
Brigitte Deslarzes, pour l’’agence APIC
Baar, 20 novembre 2001 (APIC) Ils se sont retrouvés du 13 au 20 novembre à Baar (ZG) afin de poursuivre le dialogue œcuménique. Provenant de douze nations, issus de dix Eglises différentes, vingt-quatre évêques catholiques, luthériens, anglicans, orthodoxes et d’Eglises orientales orthodoxes ont approfondi la spiritualité de l’unité en compagnie de Chiara Lubich, fondatrice du mouvement des Focolari.
Vingtième rencontre œcuménique internationale du genre, elle s’est tenue pour la première fois en Suisse. Le thème proposé aux évêques était: «La sagesse qui naît de l’amour- sur le chemin vers une culture de l’unité». Le 19 novembre, la rencontre s’est élargie à une trentaine de personnalités, représentant bien le paysage oecuénique en Suisse. Vingt-deux Eglises et communautés étaient alors représentées.
«L’oecuménisme n’est pas un luxe, un bac à sable pour théologiens zélés, il est la condition pour donner au monde un témoignage crédible d’une Eglise réconciliée… sans pour autant niveler les diffrences», a lancé le pasteur réformé Peter Dettwiler aux participants de la journée de lundi. Une rencontre marquée par l’intervention de Chiara Lubich qui a approfondi le point essentiel de la spiritualité du mouvement des Focolari: le charisme de l’unité. Un cheminement spirituel qui repose sur deux axes: le mystère de l’unité et celui de Jésus abandonné.
«L’amour au crucifié au moment crucial de son abandon constitue la voie royale non seulement pour rendre toujours plus effective la communion à tous les niveaux de la structure ecclésiale, mais aussi pour ouvrir un dialogue fécond avec les autres cultures et religions», a relevé Chiara Lubich en reprenant des termes de Jean Paul II.
Fraternité universelle
Un cheminement qui, au fil des années, a ouvert les portes à différents dialogues au sein du mouvement des Focolari : des fidèles de 350 Eglises chrétiennes adhèrent au mouvement, des liens sont nés avec des bouddhistes, des sikhs, des hindous, des musulmans, des juifs, ou avec des gens sans référence religieuse mais soucieux de promouvoir la paix, la liberté….»Nous travaillons donc avec l’Eglise afin que le pluralisme religieux de l’humanité ne soit pas synonyme de divisions mais qu’il représente… une sorte de défi : celui de travailler à édifier ensemble la fraternité de tous les hommes», a encore affirmé la lauréate du Prix des Droits de l’Homme.
«L’œcuménisme ne progressera guère s’il ne naît pas de la douleur de la séparation», a affirmé pour sa part é Mgr Amédée Grab, évêque de Coire et président de la Conférence des évêques suisses. Quant à Joan Sauca, directeur de l’Institut œcuménique de Bossey, il a relevé que «sans une spiritualité de communion, l’œcuménisme n’est qu’une déclaration vide de sens».
Approfondir la spiritualité de communion
«Il ne s’agissait pas de discuter de querelles théologiques, mais d’approfondir la spiritualité de communion que le mouvement des Focolari offre à l’Eglise et de s’exercer à la vivre», a expliqué le cardinal Miroslav Vlk. «Un climat de dialogue constructif s’est créé dans lequel les différences ont pu être soulignées, alors que généralement nous recherchions ce qui nous unissait. Quand naît une communion profonde comme celle que nous avons pu vivre cette semaine, se pose douloureusement la question de la célébration commune de l’Eucharistie… Mais cette unité vécue entre nous est une préparation pour que l’Eucharistie commune puisse se réaliser le plus tôt possible», a souligné le cardinal.
Le rôle du pape a été un des sujets de discussion dans le sens de l’appel de Jean-Paul II dans son Encyclique «Ut unum sint». Tous les évêques présents à cette rencontre vont en parler dans leurs églises respectives. Les différents points de vue seront mis en commun lors de leur prochaine rencontre, qui se tiendra à Rome, avant de les transmettre au pape a encore confié l’archevêque de Prague.
En outre, «ici, nous avons noué de nombreux contacts, ce qui facilite le dialogue œcuménique tout au long de l’année», a ajouté Mgr Pierre Bürcher, évêque auxiliaire de Lausanne.
1300 personnes en prière au Grossmünster
Rencontres avec Chiara Lubich, excursions à Einsiedeln et au couvent syro-orthodoxe de Arth/SZ, ainsi qu’une visite de Zurich sur les traces de Zwingli ont composé cette semaine de rencontre organisée par le mouvement des Focolari.
Autre point fort: la célébration œcuménique au Grossmünster de Zurich où 1300 personnes de la Suisse entière se sont unis aux prières de ces évêques et de représentants de l’Eglise évangélique réformée. Chiara Lubich avait alors lancé un appel à la fraternité universelle en soulignant que seule une chrétienté unie pouvait être un témoignage crédible pour le monde d’aujourd’hui.
Les illustrations de la soirée au Grossmünster sont à commander à l’agence CIRIC, Chemin des Mouettes 4, CP 405, CH-1001 Lausanne. Tél. ++41 21 613 23 83 Fax. ++41 21 613 23 84 E-Mail: ciric@cath.ch (apic/bd/bb)
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