Genève: Israël au banc des accusés pour violations des droits de l’homme
Genève, 21 novembre 2001 (APIC) Amnesty International (AI) condamne Israël pour son recours croissant à la torture, à l’encontre de Palestiniens. Les forces de sécurité, responsables de ces actes bénéficient de l’impunité. De même AI trouve que la démolition d’habitations palestiniennes constitue un « traitement cruel, inhumain ou dégradant ».
Dans son exposé au Comité des Nations Unies contre la torture examinant à Genève le troisième rapport périodique d’Israël, AI a déclaré que malgré l’arrêt pris en septembre 1999 par la Haute Cour de justice qui interdisait les méthodes d’interrogatoire s’apparentant à des actes de torture, des éléments montrent que ces méthodes sont de nouveau utilisées. Ces méthodes consistent notamment à priver de sommeil les détenus, souvent en les maintenant dans des positions douloureuses, à les contraindre à rester accroupis pendant de longues périodes ou à leur faire porter des menottes de manière à ce qu’ils souffrent. L’Etat d’Israël continue de rejeter ces assertions, déplore Amnesty International.
Le fait que l’Etat d’Israël ne reconnaît pas que ces méthodes d’interrogatoire sont contraires à l’art. 1 de la Convention contre la torture a contribué à leur résurgence, en particulier au cours des douze derniers mois, constate l’organisation.
Plus de 500 habitations palestiniennes démolies par Israël
Amnesty International appelle également le Comité des Nations Unies contre la torture à déclarer que la démolition d’habitations palestiniennes constituait un traitement cruel, inhumain et dégradant aux termes de l’art.16 de la Convention contre la torture.
« Plus de 500 habitations ont été démolies dans les Territoires occupés au cours des derniers mois, jetant au minimum 2’000 Palestiniens à la rue, dont une grande majorité d’enfants. Rien ne peut excuser des actes qui transforment la vie de centaines de personnes en tragédie », fait remarquer Amnesty International.
Couvre-feux prolongés et bouclage des villes
Amnesty International considère également que d’autres formes de punition collective infligées par les autorités israéliennes dont les couvre-feux prolongés et le bouclage de longue durée de villes, villages et de zones entières privant les Palestiniens de leur liberté de mouvement relèvent également de l’art.16 de la Convention contre la torture.
En outre, des personnes ont fréquemment été détenues au secret pendant plus de vingt jours sans avoir accès à un avocat ou leur famille. Le Rapporteur spécial des Nations unies sur la torture a déclaré que le recours à la détention prolongée au secret par Israël constituait « un traitement cruel, inhumain ou dégradant ».
Impunité des auteurs d’actes de tortures
Dans son exposé au Comité contre la torture, Amnesty International évoque des actes de torture, des placements de longue durée en détention au secret et des actes de brutalité contre des Palestiniens imputables aux membres des forces de sécurité. Elle se dit préoccupée par le fait que ces derniers semblent bénéficier de l’impunité en cas de torture ou de mauvais traitements à l’encontre de Palestiniens.
L’organisation souligne que le recours à la détention administrative sans inculpation ni jugement, et renouvelable indéfiniment, se poursuit en Israël. Pourtant, le Comité contre la torture a déjà condamné de telles pratiques en 1998. (apic/com/mk)
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