Revenir à un engagement direct

Italie: Les capucins veulent relancer les communautés évangéliques

Assise, 27 novembre 2001 (APIC) L’ordre des frères mineurs capucins, qui envisage l’avenir des vocations avec sérénité, est en train de restituer les paroisses aux évêques diocésains pour en revenir à l’engagement direct dans les secteurs de la souffrance et, surtout, de la formation des laïcs, futurs animateurs des vocations.

Telle est la perspective qui se dégage de la réunion des provinciaux italiens avec le ministre général, le Père John Corriveau, et le Définitoire, qui a eu lieu la semaine dernière à Assise. En Italie, on compte 375 maisons, 2’600 frères, 11 évêques et 64 novices, des chiffres prometteurs. Au niveau international la tendance est la même: 12’000 frères, 134 circonscriptions, 80 évêques et 490 novices. Mais ce sont surtout des provinces de l’Inde et de l’Amérique latine que l’on est en train d’envoyer des missionnaires dans d’autres pays.

« Nous cherchons à restituer aux évêques les paroisses que nous avons quand notre présence n’est plus nécessaire », a expliqué à l’agence de la vie consacrée « Vidimus Dominum » le Père Giuseppe Celli, secrétaire du Mouvement Franciscain (MOFRA).

A Rome, par exemple, il y a quelques années, les capucins avaient dix paroisses : ils n’en ont plus que six. Outre les secteurs d’engagement les plus traditionnels sur le front des nouvelles pauvretés, les capucins trouvent qu’un domaine privilégié de travail est celui de la formation, surtout des jeunes, pour leur enseigner à prier. « Beaucoup de couvents sont engagés dans la « Lectio divina », explique le Père Celli. Ils organisent des week-ends spirituels et d’autres initiatives en été ou en cours d’année. Par exemple, 160 laïcs fréquentent Policastro, dans le sud de l’Italie, où les capucins vont prêcher. Ce sont des professionnels, des enseignants, qui s’aperçoivent qu’ils ont besoin d’appréhender la signification des choses. Et pour nous c’est une occasion de commencer à former ceux qui, dans l’avenir, joueront le rôle de formateurs vis-à-vis des autres, et prépareront des laïcs adultes afin qu’ils deviennent des animateurs dans la vie quotidienne ».

Pauvres parmi les pauvres

Durant le congrès d’Assise, le ministre général, le Canadien John Corriveau, a souligné l’importance de Fraternités vraiment évangéliques, au sein desquelles la dignité de la personne soit placée au premier plan, et où l’on respecte chaque individu. Les Fraternités doivent en outre être des lieux capables de donner une place à la prière et d’êtres pauvres parmi les pauvres.

En tout cas, les secteurs d’intervention des religieux au niveau social sont nombreux. Dans le diocèse de Milan, l’Oeuvre Saint-François prépare 2000 repas chaque jour, organise des visites médicales et de spécialistes pour les immigrés, subvient aux besoins les plus immédiats des pauvres ; elle regroupe 80’000 personnes qui collaborent à divers titres au développement des activités. En Sicile, en Campanie, en Ligurie, deux régions du Sud et une du Nord, il y a des « Maisons du sourire » pour l’accueil et l’assistance des mères célibataires.

L’engagement dans le secteur des médias est remarquable, avec 7 radios et télévisions, et surtout la presse. Les capucins ont en effet 136 revues et périodiques, dont certains à grand tirage, tels que  » Voce Serafica  » (Voix Séraphique), imprimée en Sardaigne et diffusée à 80’000 exemplaires. Il y a aussi les calendriers. Outre le célèbre  » Frate Indovino  » (Frère Devin), il y en a dix autres au niveau régional, de  » Frate Mago  » (Frère Magicien) à  » Frate Sorriso  » (Frère Sourire) et  » Frate Sole  » (Frère Soleil),  » une façon discrète d’entrer dans les maisons et d’y apporter une parole réconfortante « , note le P. Celli. (apic/vd/cip/pr)

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