Rome: Débats lors de la Journée sur l’avenir des chrétiens en Terre Sainte
Rome, 14 décembre 2001 (APIC) La situation dramatique en Terre Sainte, la défense et la promotion des droits des chrétiens dans la région, le projet de mosquée à Nazareth, projet qui serait «provocant», et enfin les moyens pour promouvoir et établir la paix ont constitué les thèmes principaux abordés par les participants lors de la journée organisée par le pape le 13 décembre au Vatican sur «la paix en Terre Sainte et l’avenir des chrétiens». Les participants on en outre souligné le droit à la sécurité de l’Etat d’Israël; reconnu la légitime aspiration du peuple palestinien à la création d’un Etat, l’obligation par Israël d’évacuer les territoires occupés, ainsi qu’un l’établissement d’un statut internationalement garanti pour les parties les plus sacrées de Jérusalem et une solution équitable pour les réfugiés palestiniens.
Dans un communiqué publié le 13 décembre au soir, au terme de la réunion, Joaquin Navarro Valls, directeur de la salle de presse, a tout d’abord affirmé que «la convocation d’une telle rencontre voulait rappeler, une fois de plus, l’intérêt et la préoccupation avec lesquels le pape et le Saint-Siège suivent la situation en Terre Sainte». Cette rencontre est «un témoignage de la sollicitude de l’Eglise universelle pour toutes les Eglises chrétiennes en Terre Sainte, mais aussi une manifestation de l’engagement commun pour la continuité de leur présence millénaire dans cette région».
Qualifiée de «dramatique», la situation «qui bouleverse la population en Terre Sainte, en particulier celle israélienne et palestinienne» a été ensuite abordée. Une population, ont regretté les participants, «otage d’une spirale de violence qui a déjà fait tant de victimes, particulièrement parmi les jeunes générations». «L’attention s’est portée principalement, est-il ensuite précisé, sur la situation des chrétiens en Terre Sainte, sur la défense et la promotion de leurs droits en tenant compte, en particulier, des deux accords signés avec le Saint-Siège par l’Etat d’Israël en 1993 et par l’Organisation pour la Libération de la Palestine en 2000».
Les participants ont alors «réaffirmé la volonté de l’Eglise, en Terre Sainte et dans le monde entier, de poursuivre son engagement en faveur de la réconciliation et de la paix, au travers du dialogue religieux avec nos frères juifs et musulmans. Un engagement similaire a été pris pour une poursuite de la collaboration offerte par les nombreuses organisations catholiques des Eglises du monde entier. Lesquelles, depuis longtemps déjà, grâce à la générosité et à l’infatigable travail de leurs membres, donnent confiance et espérance à cette population».
Appel à la communauté internationale
Concernant précisément le conflit israélo-palestinien, les participants ont observé que «les deux peuples directement intéressés et leurs responsables doivent mobiliser leurs énergies pour la recherche de voies nouvelles et pacifiques, capables de résoudre un conflit qui dure depuis trop longtemps». Dans le même temps, les participants ont souligné la nécessité, pour les intéressés, de respecter le droit international et les accords déjà obtenus pour favoriser le retour à la table des négociations.
«L’implication de la communauté internationale, est-il précisé, a été considérée comme une initiative nécessaire pour aider les uns et les autres (Israéliens et Palestiniens), à renoncer à la haine et à l’esprit de vengeance. La paix entre les deux peuples, en effet, ne sera réalisable que si sont respectés le droit et l’équité sur les questions fondamentales: la sécurité de l’état d’Israël, la naissance d’un Etat pour le peuple palestinien, l’évacuation des territoires occupés, un statut internationalement garanti pour les parties les plus sacrées de Jérusalem et une solution équitable pour les réfugiés palestiniens. Tout cela dans le cadre de ce qui est déjà prévu par les traités et les résolutions de l’ONU».
A ce sujet, les participants ont «lancé un vibrant appel aux chefs religieux du judaïsme et de l’islam afin qu’ils collaborent avec les responsables israéliens et palestiniens dans leurs efforts en faveur de la justice, de la paix et contre la violence».
«La préoccupation de toute la communauté chrétienne vis-à-vis de l’autorisation concédée par le gouvernement israélien pour la construction d’une mosquée à proximité de la basilique de l’Annonciation à Nazareth», a enfin été manifestée. «L’édification d’une mosquée dans ce lieu, est-il affirmé, risquerait d’être considérée comme provocante et d’être vue comme un grave manque de respect vis-à-vis des sentiments des chrétiens et de ce lieu riche de significations spirituelles pour leur foi».
Statut pour Jérusalem
Les représentants des Conférences épiscopales d’Europe, d’Amérique latine, des Etats-Unis et du Canada ont ensuite «réaffirmé leur appui aux efforts pour la paix et ont affirmé leur engagement auprès de leurs gouvernements respectifs afin qu’ils s’emploient à une amélioration de la situation des chrétiens en Terre Sainte».
«A l’approche de Noël, conclut le communiqué, alors qu’ils se préparent à célébrer la naissance du Seigneur, les chrétiens du monde entier expriment leur propre lien avec la Terre Sainte et leur solidarité avec les chrétiens locaux qui sont la mémoire vivante du Christ et de la première Eglise. C’est pourquoi, tous les chrétiens, en union spirituelle avec cette population, lancent un appel pressant pour la fin des hostilités, la reprise des négociations et s’engagent à redonner à la Terre Sainte son vrai visage de carrefour de la paix et de fraternité». (apic/imed/pr)
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